BILLET n°119 – CLAUDIUS-PETIT ET ALGER (2/2)

31 janvier, 2019  |  Non classé

En décembre 1943, Claudius-Petit retrouve à Alger Pierre Dalloz, rencontré à Lyon quand ce dernier s’activait au maquis du Vercors. Ingénieur, ami d’Auguste Perret chez qui il a travaillé, il refuse les postes qu’on lui propose au Comité français de libération nationale (CFLN) pour se consacrer au maquis du Vercors. Dalloz rejoindra Claudius-Petit quand celui-ci sera nommé ministre de la Reconstruction et de l’urbanisme (MRU) par le nouveau Président du Conseil Henri Queuille qui eut l’occasion d’apprécier ses compétences et qualités depuis Alger. Claudius-Petit « réalise ainsi ce dont il rêve depuis qu’à Alger, plus de quatre ans plus tôt, il s’est engagé, avec passion et conviction, dans un long combat pour préparer la reconstruction de la France. »[1] Il conservera ce poste de 1948 à 1952 malgré la valse des gouvernements de la IVème République. De 1948 à 1949, Dalloz est chef-adjoint du cabinet d’Eugène Claudius-Petit, à partir de 1949 il devient chef du service de l’architecture au MRU. Intègrent également le cabinet du ministre André Sive, Marcel Roux et Paul Herbé, qui construira la basilique du Sacré-Cœur à Alger (1955-1963) avec Jean Le Couteur. Lors du contentieux pour la reconstruction du vieux port à Marseille en 1950, Dalloz imposera Fernand Pouillon. Les deux hommes se retrouveront quelques années plus tard à Alger. En décembre1951, Dalloz crée le Cercle d’études architecturales (CEA) dans le but de réunir architectes, ingénieurs, hauts fonctionnaires, maîtres d’ouvrage et hommes politiques. Parmi ses membres on compte Frank Lloyd Wright et Walter Gropius comme membres d’honneur, Auguste Perret comme président-fondateur, Le Corbusier, Bernard Laffaille, Jean Prouvé, ainsi que Eugène Claudius-Petit, Max Querrien, Edgar Pisani, François Bloch-Lainé et Jacques Chevallier. 

En 1954 Jacques Chevallier, élu maire d’Alger le 10 mai 1953, propose à Dalloz le poste de conseiller pour l’architecture et l’urbanisme. Celui-ci quitte son poste au MRU, où il a perdu beaucoup de ses pouvoirs depuis que Claudius-Petit n’est plus ministre et il rejoint Jacques Chevallier à Alger. Avec son soutien il crée l’Agence du Plan, un service d’urbanisme alors novateur et inédit dans une grande ville. Dalloz écrit dans ses Mémoires : « Un architecte, un urbaniste n’ont que le pouvoir qui leur est délégué par un homme politique. Dans le domaine de l’architecture, je pus largement changer les hommes et les pratiques par la confiance que m’accorda, pendant plus de quatre ans, de 1949 à 1953, M. Claudius Petit.[2] » Ce dernier restera cependant déçu que seul Fernand Pouillon réalise l’ambitieux chantier de 3.000 logements du nouveau maire, alors qu’il souhaitait y voir associés également Bernard Zehrfuss et Pierre-André Emery. La création de l’Agence du plan en juin 1954 va aggraver l’exclusion de Zehrfuss et Emery, accentuant les ressentiments. Zehrfuss est licencié de son poste d’architecte en chef de l’office HLM d’Alger. En juillet 1955, Claudius-Petit se rend à Alger pour l’inauguration de l’Aéro-Habitat, dont les architectes sont Louis Miquel et José Ferrer-Laloë, auxquels était également associé Pierre-André Emery, et à cette occasion il constate les dissensions régnant entre tous ses amis. Dans sa correspondance avec Claudius-Petit, Emery lui fait part de « son indignation, provoquée par les agissements de ceux qui ont été nos amis, et qui te doivent le plus clair de leur réussite.[3] » Ce ressentiment d’Emery provient de l’éviction des architectes locaux sur les importants programmes de l’Agence du plan notamment sur les Annassers (400 ha, 26.000 logements), les tractations autour de la reconstruction d’Orléansville après le séisme de 1954, la création de la Société d’équipement de la région d’Alger (SERA) créée en 1955 sur le modèle de la Société centrale d’équipement du territoire (SCET) filiale de la Caisse des dépôts et consignation, le remplacement de Zehrfuss par Paul Herbé comme architecte-conseil au Service de l’architecture du ministère et qui rejoint Dalloz, Hanning et Pouillon à Alger. Claudius-Petit vivra mal ces évolutions sur le sol algérien, partageant en silence cette analyse amère, mais lucide, d’Emery.

Fidèle en amitié, Claudius-Petit fera travailler Louis Miquel, Roland Simounet et Pierre-André Emery lorsqu’ils quitteront l’Algérie à l’Indépendance.

Ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme de 1948 à 1952, Claudius-Petit mène une politique d’équipement et de planification de la France, et donc de l’Algérie, afin de faire face à une importante pénurie de logements. En février 1950, il présente devant le conseil des ministres un rapport publié sous le titre « Pour un plan national d’aménagement du territoire »,  considéré comme le manifeste fondateur de la politique menée en matière d’aménagement durant cette deuxième moitié du XXème siècle. Avec ce texte il veut combattre les trop grandes inégalités de peuplement et d’activité, tout en harmonisant le logement aux nécessités industrielles et en prônant un engagement important en matière d’investissement et de réglementation. A l’heure du bilan après son départ du ministère Reconstruction et de l’Urbanisme à la fin de l’année 1952, Claudius-Petit admettra que, entravé par les restrictions budgétaires, c’est avec la municipalité d’Alger et son département qu’il parviendra à lancer le plus vaste programme HLM avec 1.000 logements. 

Député de la Loire (1945-1956, 1958-1962, puis 1967-1973), maire de Firminy (1953-1971), Eugène Claudius-Petit eut l’occasion lors ces mandats locaux de mettre en pratique ses idéaux humanistes et sa passion pour l’urbanisme et l’architecture dans leurs dimensions sociales. Il fut à l’origine des meilleurs programmes de la reconstruction, ou plutôt de la construction de la France d’Après-guerre, et à Firminy donna l’occasion à Le Corbusier d’exercer tout son talent. Il a donné son nom à une place du 14ème arrondissement de Paris, proche du Parc Montsouris. 

Vincent du Chazaud, 31 janvier 2019 

[1] Ibid, p. 110

[2] DALLOZ Pierre, Mémoires de l’ombre, éditions du Linteau, Paris, 2012, p.124

[3] AN, 538 AP, lettre du 12 juillet 1957, in Benoît Pouvreau, Un politique en architecture, Eugène Claudius-petit (1907-1989), p.172

BILLET n°118 – CLAUDIUS-PETIT ET ALGER (1/2)

31 janvier, 2019  |  Non classé

Durant la guerre 1939-45, Alger aura vu se croiser des architectes et des hommes politiques qui se retrouveront sur les chemins de la reconstruction de la France, notamment autour du Ministère de la reconstruction et de l’urbanisme (MRU) créé à la Libération.

Dans un livre paru en 2004, l’historien Benoît Pouvreau a résumé sa thèse de doctorat qu’il a consacrée à Eugène Claudius Petit (1907-1989), « Un politique en architecture »[1]. Très bien écrit et documenté, il se lit comme un roman tellement la vie de cet homme est riche et passionnante. A certains égards, elle me fait penser à celle de Jean Prouvé, d’ailleurs les deux se rencontrèrent et s’apprécièrent.

Démobilisé en juin 1940, Eugène Petit, ouvrier ébéniste puis professeur de dessin, syndicaliste et militant de « Jeune république », mouvement social et réformateur créé par Marc Sangnier en 1912, s’engage dans la Résistance, et prend le pseudonyme de Claudius qu’il conserva et ajouta à son nom après la Libération. En 1942, il entre au comité directeur des Francs-Tireurs, et il est cofondateur du Conseil national de la Résistance présidé par Jean Moulin.

Le 3 novembre 1943, après être passé par Londres, il atterrit à Alger pour représenter Franc-Tireur à l’Assemblée consultative provisoire. Pressentant l’immense tâche qui attend la métropole après les destructions des bombardements alliés, il va s’investir dans les actions destinées à sensibiliser les politiques, mais avec « la nécessité de bâtir un programme de construction et non pas de reconstruction pour la France. » Participant à différents congrès et débats sur ce thème, dont ceux de l’Union des ingénieurs et techniciens combattants (UNITEC), Eugène Claudius-Petit rencontre à Alger non seulement les architectes et urbanistes locaux, Léon Claro, François Bienvenu, Jean Alazard, Pierre-André Emery, Jean de Maisonseul, mais également ceux qui ont fui l’occupation nazie et la collaboration, André Sive[2], Bernard Zehrfuss, Marcel Roux, tous acquis aux idées de Le Corbusier et du Mouvement moderne. Aux côtés de Claudius-Petit, ils vont participer à l’émergence d’idées novatrices en matière d’urbanisme et d’architecture, souvent empruntées à la Charte d’Athènes de 1933, manifeste sur « la ville fonctionnelle » du quatrième Congrès international des architectes modernes (CIAM), mais que Le Corbusier, avec un texte très remodelé, ne publie qu’en 1941 sous le titre « La ville fonctionnelle ».

Eugène Claudius-Petit avait déjà été sensibilisé aux idées de Le Corbusier. Lors de l’Exposition universelle de 1937, officiellement Exposition internationale des Arts et des Techniques appliqués à la vie moderne, il s’enthousiasme pour le pavillon sous toile de Le Corbusier, « cet exploit conquis de haute lutte, (…) là je marchais vers le futur. La mutation était accomplie, je me nourrissais de toutes mes découvertes[3] » écrira-t-il. Quelques mois plus tard, professeur de dessin à Lyon, il accompagne ses élèves à une conférence donnée par Le Corbusier : « Les mots étaient limpides comme des évidences : Espace, Soleil, Verdure devenaient les matériaux essentiels, non seulement de l’architecture, mais aussi de l’urbanisme (…) Il ne « balayait » pas le passé, il esquissait l’avenir sans oublier la condition humaine ( …) Ce jour-là j’ai pu l’approcher pour lui dire un grand merci et lui serrer la main. Il s’en allait de son pas tranquille, heureux d’avoir partagé sa passion avec un public très jeune, enthousiaste.[4] » Ils se retrouveront plus tard, quand Claudius-Petit deviendra Ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme de 1948 à 1952 et qu’il pèsera de toute son influence pour que Le Corbusier construise l’Unité d’habitation de Marseille.

Claudius-Petit à la tribune de l’Assemblée consultative à Alger en 1944

Claudius-Petit a-t-il eu connaissance lors de son séjour à Alger du Plan Obus, conçu, présenté et défendu par Le Corbusier entre 1931 et 1935? Ses interlocuteurs lors des débats sur la reconstruction, de Maisonseul qui accompagna Le Corbusier dans la Casbah en 1931 ou Emery qui fut son principal collaborateur pour ses plans d’Alger, ont pu lui exposer ce projet corbuséen radical qui effraya les édiles locaux. Ses réflexions sur Alger rejoignent celles de Le Corbusier, notamment quand il fait l’éloge de la Casbah, avec ses toitures en terrasses ensoleillées bénéfiques à tous, en opposition avec l’insalubrité régnant dans la partie basse, détruite peu après l’occupation militaire puis livrée à la spéculation immobilière. C’était lors d’une réunion sur l’urbanisme du département d’Alger en août 1944, à l’initiative du préfet Louis Périllier, et à laquelle participaient les architectes algérois Castet, Claro et de Maisonseul. Prenant la parole, Claudius-Petit rappelle la primauté du logement,  ayant découvert les conditions de vie difficile de la population musulmane cantonnée dans les bidonvilles en périphérie des villes. Il approuve le choix d’implanter le logement sur les hauteurs d’Alger, mais avec le corollaire de réaliser de bonnes dessertes avec des transports en commun adaptés. Ce seront les futures cités des Annassers, Diar-el-Maçhoul, Diar-es-Saada.

En 1944, le recteur Henri Laugier, directeur du tout nouveau CNRS, crée le Centre d’études et de recherche en urbanisme (CERU), et demande à Claudius-Petit de l’animer, et dans lequel on retrouve les architectes algérois Emery, de Maisonseul, Bienvenu, Alazard et Claro, ainsi que Roux et Sive. Au sein du CERU, deux commissions sont créées, dont l’une étudie le problème concret d’Alger et sa région, notamment la question de « l’habitat indigène ». Ce sont là les prémices de ce que sera le CIAM-Alger et sa contribution au CIAM d’Aix-en-Provence de 1953 avec la présentation des études de Roland Simounet sur le bidonville de Mahieddine, et celles d’Ecochard sur les bidonvilles de Casablanca. Ces travaux intéresseront Claudius-Petit quand il sera à la Société nationale de construction pour les travailleurs algériens (SONACOTRAL), d’abord administrateur général en octobre 1956, puis nommé président du conseil d’administration le 31 janvier 1957.

A la Libération, le CERU deviendra l’Institut d’urbanisme d’Alger.

Vincent du Chazaud, 31 janvier 2019 

 

[1]POUVREAU Benoît, Un politique en architecture, Eugène Claudius-petit (1907-1989), Editions du Moniteur, Paris, 2004  

[2] André Sive, architecte hongrois venu en France en 1925, cherche à atteindre la France Libre après sa démobilisation en 1940. En 1943, il retrouve à Alger quelques-uns de ses camarades, quelques amis des C.I.A.M. dont il faisait partie depuis 1936. Il participe, avec les architectes qui formeront plus tard le groupe CIAM-Alger, aux travaux animés par Claudius-Petit au sein du CERU. A son retour en France, Le Corbusier le désignait pour une mission d’investigation de six mois aux Etats-Unis.

[3] Témoignage d’Eugène Claudius-Petit dans la plaquette de l’association Le Corbusier pour l’Eglise de Firminy-Vert, Paris 1995 pp. 18-22 (in Benoît Pouvreau, Un politique en architecture, Eugène Claudius-petit (1907-1989), op.cit., pp. 34-35)

[4] Ibid, p. 35

ASSEMBLEE GENERALE DE LA CEACAP

14 décembre, 2018  |  Non classé

Titre: ASSEMBLEE GENERALE DE LA CEACAP
Lieu: Maison de l’Architecture – Couvent des Récollets – 154 rue du Faubourg Saint-Martin 75010 PARIS
Heure début: 18:30
Date: 2019-01-21
Heure fin: 22:00

65° ATELIER DEBAT : Diagnostic d’ensemble de l’habitat parisien ancien par Jacques FREDET (2)

27 novembre, 2018  |  ateliers, Non classé

Titre: 65° ATELIER DEBAT
Lieu: Lycée CARCADO – 121 bd. Raspail 75006 PARIS
Description: Pathologies de l’habitat parisien ancien par Jacques FREDET
Heure début: 18:00
Date: 2018-10-17
Heure fin: 20:00

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5 février, 2018  |  Non classé
BILLET n°96 (1/2) – Bernard Arnault, Sergueï Chtchoukine, merci patrons…

BILLET n°96 (1/2) – Bernard Arnault, Sergueï Chtchoukine, merci patrons…

25 mars, 2017  |  LE BILLET, Non classé

BILLET n°96 (1/2) – Bernard Arnault, Sergueï Chtchoukine, merci patrons…

 

C’est une exposition paradoxale qui se tient à la Fondation Louis Vuitton. En même temps que l’anniversaire de la Révolution russe d’octobre[1], mettant fin au régime tsariste et aux privilèges d’une caste, un grand patron du capitalisme français expose dans son musée mégalomaniaque des centaines d’œuvres provenant d’un collectionneur russe, lui-même faisant partie de la grande bourgeoisie russe, aveuglé, étourdi et transporté par le monde de l’art, loin des préoccupations politiques et sociales en train de secouer la Russie et le monde. Etrange résonance tout de même avec les temps que nous vivons aujourd’hui…

Bien sûr, sans Bernard Arnault nous n’aurions pas ce stupide bâtiment, enflé de ses voilures en plein milieu des terres, que nous admirons presque tous, planté face à l’ancien musée des Arts et traditions populaires. Ce dernier bâtiment, intelligent celui-là, dû à l’architecte Jean Dubuisson, tombe en ruine et son triste sort, la destruction, semble scellé[2]… Il aurait pourtant pu abriter la fondation de Bernard Arnault. Faut-il vraiment que seule la démesure nous fascine ?

 

Pour cette exposition « Icônes de l’art moderne : la collection Chtchoukine », tout est démesuré : la quantité d’œuvres accrochées, près de 130 peintures majeures de l’histoire de l’art moderne sur les 274 tableaux que contenait la collection de Sergueï Chtchoukine[3], le nombre de peintres exposés, plus d’une cinquantaine dont Cézanne[4], Monet[5], Gauguin[6], Van Gogh[7], Matisse[8], Picasso[9], les importantes files d’attente, qui vont pulvériser les records d’entrées, devant un bâtiment aujourd’hui déguisé en costume d’Arlequin par Buren, devenu le « décorateur » à la mode depuis ses colonnes du Palais royal dont les motifs répondent aux dessins des stores du ministère de la Culture. Ici ce « costume » d’Arlequin pourrait être une réplique au tableau de Cézanne peint entre 1888 et 1890, « Mardi Gras », curieusement installé dans la dernière salle, celle des « Suprématistes » Russes, car peut-être annonciateur de la destruction de la figure au profit de l’abstraction jusqu’à la disparition pure et simple de la peinture avec « Carré blanc sur un fond blanc », premier monochrome peint en 1918 par Kasimir Malevitch. Entre les deux, les peintres modernes s’extirpent de l’académisme pour renouveler la figuration[10], par une transfiguration de la peinture, par touches, par aplats, par hiératisme et sublimation.

 

Pour l’activité de Bernard Arnault et de son groupe LVMH, je renvoie au film documentaire de François Ruffin sorti en février 2016, « Merci patron ! », censuré par la presse détenue par le milliardaire et qui vient de recevoir le César du meilleur documentaire ce 24 février 2017. Je vous livre ici une partie du discours de Ruffin lors de la remise du prix : « Mon film, il parle d’une usine qui part en Pologne et qui laisse derrière un paquet de misère et un paquet de détresse. (…) Ça fait maintenant trente ans que ça dure dans l’ameublement, dans le textile, dans la chimie, dans la métallurgie, ainsi de suite. Pourquoi ça dure comme ça depuis trente ans ? Parce que ce sont des ouvriers qui sont touchés, et donc on n’en a rien à foutre. Si c’étaient des acteurs qui étaient mis en concurrence de la même manière avec des acteurs roumains, ça poserait problème immédiatement. Si c’étaient des journalistes… Quand on touche à l’avantage fiscal de la profession de journalistes, ça fait des débats aussitôt, il y a des tribunes dans les journaux. Mais imaginons que ce soit les députés, qu’on dise « les députés ne sont pas assez compétitifs ». Un député français coûte 7610 euros par mois, un député polonais revient à 2000 euros par mois. Et encore, je suis modéré, parce qu’au Bangladesh, un député c’est 164 euros. Mais imaginons qu’on dise : demain, il faut délocaliser l’hémicycle à Varsovie. Immédiatement, il y aurait des débats à l’Assemblée nationale, il y aurait un projet de loi. Ça fait trente ans que ça dure pour les ouvriers, et il n’ y a pas de projet de loi. »

 

Bon après cela, c’est difficile de parler d’Aaaart, de Peeeinture et tout ça, et qui pourtant m’émeuvent aussi beaucoup. Que dire sur 160 peintures iconiques de l’art moderne[11], dont certaines ont été exposées lors de récentes expositions à Paris[12]… il faut aller les voir, c’est tout, à Paris ou à Moscou. Alors parlons de l’activité de l’autre grand patron que fut Sergueï Chtchoukine (1854-1936), du moins celle de collectionneur. Pour cela je me suis fait aider du somptueux catalogue de l’exposition acquis lors de ma visite de l’exposition, et pour lesquels j’ai déboursé 66 euros comme pour un étudiant en Histoire de l’art, alors que le moindre journaliste, surtout s’il travaille au « Parisien »[13], rentre gratuitement au musée et reçoit le catalogue chez lui… Plutôt que de faire une biographie, émaillée de drames familiaux[14] au milieu de l’histoire mouvementée de la Révolution russe, voici quelques anecdotes à propos de Chtchoukine et de l’acquisition de ses œuvres.

 

 

Vincent du Chazaud, 1er mars 2017  

 

 

[1] Huit numéros de « Courrier international » donneront un article chaque semaine d’une série intitulée « 1917, année de toutes les révolutions ». Le premier est le numéro 1373 du 23 février au 1er mars 2017.

[2] Voir billet n°60 « Jean Dubuisson et le musée des Arts et traditions populaires, Frank Gerhy, la fondation Vuitton et autres Kooneries, Viollet-le-Duc … et encore Le Corbusier » du 3 décembre 2014.

[3] En tout, ce seront près de 800 tableaux de l’art moderne, dont ceux de la collection Morozov, que les soviets vont confisquer pour créer le musée d’Etat d’art occidental moderne (GNMZI) en les répartissant entre le musée Pouchkine de Moscou et le musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg. Ces tableaux seront menacés sous Staline, quand le « réalisme socialiste » deviendra la doctrine officielle littéraire et artistique, l’art moderne, encouragé par une bourgeoisie décadente, étant considéré comme contre-révolutionnaire, à l’inverse de la Révolution d’octobre.  

[4] 8 toiles achetées par Chtchoukine

[5] 12 toiles achetées par Chtchoukine

[6] 16 toiles achetées par Chtchoukine

[7] 4 toiles achetées par Chtchoukine

[8] 38 toiles achetées par Chtchoukine

[9] 54 toiles achetées par Chtchoukine

[10] Voir article d’Hector Obalk dans « Elle » n°3714 du 24 février 2017  

[11] Avec la trentaine des œuvres russes exposées.  

[12] Matisse-Picasso en 2002 au Grand-Palais, Picasso cubiste en 2007 au musée Picasso, Picasso et les maîtres en 2008 au Grand-Palais, L’aventure des Stein en 2011 au Grand-Palais.

[13] Voir article de Marianne du 10 novembre 2016, « Le film « Merci Patron ! » une nouvelle fois censuré au « Parisien » ».

[14] En 1906 son fils Sergueï âgé de 17 ans est retrouvé noyé dans la Moskowa, en janvier 1907 décès de sa femme Lydia, en 1908 suicide de son frère Ivan à Paris, en 1910 suicide de son fils Grigori.  

Formation juridique

4 mars, 2017  |  formation, Non classé

Titre: Formation juridique
Lieu: Auditorium de la Maison du Barreau – 2 rue Harley – 75001 Paris
Description: SIMILITUDES ET DIFFERENCES DE LA PROCEDURE EXPERTALE DANS LES SYSTEMES JUDICIAIRES : ADMINISTRATIF ET CIVIL
LES PRINCIPES DE LA MEDIATION DEVANT LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF
Heure début: 9:00
Date: 2017-05-04
Heure fin: 13:00

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51° ATELIER-DEBAT : CAT NAT par M. BOUYABAR

20 novembre, 2016  |  ateliers, Non classé

Le 51° ATELIER-DEBAT organisé à la FFB le 16 novembre 2016  a eu pour thème :  la CAT NAT par M. BOUYABAR

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48e congrès national du CNEAF

26 septembre, 2016  |  Calendrier, Non classé

Titre: 48e congrès national du CNEAF
Lieu: Cour de Cassation, 5 quai de l’Horloge – PARIS
Heure début: 9:00
Date: 2016-11-10
Heure fin: 17:30

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CYCLE DE FORMATION 2016 DES ANCIENS EXPERTS – ACTUALITE DES REGLES DE PROCEDURE ET DE LA JURISPRUDENCE APPLICABLES AUX MESURES D’INSTRUCTION CONFIEES A UN TECHNICIEN

13 septembre, 2016  |  Non classé

Titre: CYCLE DE FORMATION 2016 DES ANCIENS EXPERTS – ACTUALITE DES REGLES DE PROCEDURE ET DE LA JURISPRUDENCE APPLICABLES AUX MESURES D’INSTRUCTION CONFIEES A UN TECHNICIEN
Lieu: FFB Salle PRADEAU – 10, rue du Débarcadère 75017 Paris
Heure début: 17:30
Date: 2016-10-03

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