BILLET n° 121 – APHORISMES

3 mai, 2019  |  LE BILLET

Quand on ne sait plus où l’on est ni où l’on va, quand l’inspiration tarit, quand tout flambe et s’écroule autour de vous, il faut relire les fables de La Fontaine ou bien quelques aphorismes. En voici à propos de l’architecture et des architectes.  Ces « aphorismes », formules résumant des points de vue se rapportant à l’architecture, peuvent aussi être compris de façon péjorative, c’est-à-dire comme des sentences prétentieuses et banales… Ce serait évidemment désobligeant pour leurs auteurs, tous érudits et fort doctes en leur matière, hors mis les anonymes bien sûr dont, par définition, nous ne connaissons rien.

« L’architecture n’est pas autre chose que l’ordonnance, la disposition, la belle apparence, la proportion des parties entre elles, la bienséance et la distribution » (Michel-Ange)

« La colonne corinthienne est faite à l’imitation d’un délié et joli corps d’une pucelle » (Philibert de l’Orme).

« J’ay toujours été d’advis qu’il vaudroit mieux à l’architecte ne sçavoir faire ornements ni enrichissements de murailles ou autres, et entendre bien ce qu’il faut pour la santée et conservation des personnes et de leurs biens » (Philibert de l’Orme)

« L’architecture est l’art de bien bâtir » (François Blondel)

« Le classique, c’est tout ce qui se construit » (Charles Garnier)

« L’architecture a pour but LES CONSTRUCTIONS, elle a pour moyen LA CONSTRUCTION » (Guadet)

« L’architecture est le grand livre de l’humanité, l’expression principale de l’homme à ses divers états de développement, soit comme force, soit comme intelligence » (Victor Hugo)

« L’architecte est celui qui a vocation par son art d’édifier quelque chose de nécessaire et de permanent »  (Paul Claudel)

« J’ai hésité entre architecture et confiture, finalement j’ai choisi la confiture… je m’en lèche les babines, ce qui serait difficile si j’avais choisi l’architecture » (anonyme dadaïste)

« La simplicité c’est l’harmonie parfaite entre le beau, l’utile et le juste » (Frank Lloyd Wright)

« L’architecture c’est l’art de faire chanter le point d’appui » (Auguste Perret)

« Or, de tous les actes, le plus complet est celui de construire. 
Une œuvre demande l’amour, la méditation, l’obéissance à ta plus belle pensée, l’invention de lois par ton âme, et bien d’autres choses qu’elle tire merveilleusement 
de toi-même, qui ne soupçonnais pas de les posséder. 
Cette œuvre découle du plus intime de ta vie, et cependant elle ne se confond pas avec toi. » 
(Paul Valéry, 
Eupalinos et l’architecte)

« L’architecture est le jeu savant, correct et magnifique des volumes assemblés sous la lumière » (Le Corbusier)

« On a souvent comparé l’architecte à un chef d’orchestre, je comprends mieux pourquoi fut tellement importante la fanfare à l’école des Beaux-arts » (anonyme, peut-être Iannis Xénakis)

« Je ne crois pas qu’on fasse de l’architecture avec de la matière. Je crois qu’on fait de l’architecture avec de l’énergie. C’est toute la différence qu’il peut y avoir entre un tas de pierres au bord du chemin et, simplement, le beau mur que le bon maçon est capable de construire avec ces pierres » (André Wogenscky)

« L’architecture c’est comme la confiture, celle que l’on fait soi-même est souvent bien meilleure que celle qu’on achète » (anonyme, auto constructeur après avoir habité une maison de constructeur)

« Je dis toujours, je parle toujours de constructeur. Cela recouvre l’idée de quelqu’un qui a une sorte d’illumination instantanée qui lui révèle la totalité de ce qu’il doit faire : il ne voit pas l’architecture par la forme, il voit l’architecture dans la façon plus ou moins complexe de l’édifier, ce qui aura pour conséquence telle ou telle forme. » (Jean Prouvé)

« On ne s’installe pas devant une planche à dessin en se disant : « Je vais faire une maison comme ceci ou comme cela. » Jamais cette attitude ne m’a effleuré l’esprit. A l’inverse, je suis toujours venu à l’architecture en m’interrogeant : « Comment pourrais-je faire cette construction ? » (Jean Prouvé)

« Une petite anecdote à propos d’Herbé. C’était peu avant sa mort aux environs de 1968[1]. Je l’ai vu un jour trépigner devant des étudiants en leur disant : « Bande de cons, vous allez détruire la seule école dans laquelle on n’apprenait rien ! » Et c’était vrai. (Jean Prouvé).

 

[1] En fait l’architecte Paul Herbé, né à Reims le 15 octobre 1903, est mort à Paris le 25 août 1963. Mais l’école des Beaux-arts était déjà en ébullition à cette époque, et les projets de réforme se succédaient sans aboutir…

 


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