Les cours communes – aspects techniques et juridiques

6 février, 2011  |  ateliers

Le dix-septième atelier-débat organisé à la FFB le 8 décembre 2010 a eu pour thème :

« Les cours communes – aspects techniques et juridiques »

Il a été développé par Monsieur Maurice LAURENT, architecte-voyer honoraire


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La responsabilité de l’expert judiciaire

9 octobre, 2010  |  ateliers

Le seizième atelier-débat organisé à la FFB le 22 septembre 2010 a eu pour thème :

 » La responsabilité de l’expert judiciaire « 

Trois chapitres ont été développés:

– la responsabilité disciplinaire

– la responsabilité civile

– la responsabilité pénale


par Maître Jérôme MARTIN, avocat au barreau de PARIS


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Les pathologies des ouvrages bois

1 août, 2010  |  ateliers

Le quinzième atelier-débat a pour thème :

 » Les pathologies des ouvrages bois « 

L’ intervenant est  :

M. Claude LE GOVIC, expert près la Cour d’appel de PARIS

Vous pouvez découvrir un aperçu en images des thèmes traités :

Les pathologies des ouvrages bois

Le curriculum vitae de M. LE GOVIC :
Curriculum LE GOVIC


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Les matériels d’expertise

16 mars, 2010  |  ateliers

Le quatorzième atelier-débat a pour thème :

 » Présentation des matériels d’expertise « 

L’intervention du conférencier s’articulera autour de la présentation des différents matériels proposés à la location

  • caméra thermique
  • duromètre
  • luxmètre
  • sonomètre
  • mesureur d’épaisseur
  • hygromètre
  • etc.

Des tarifs à la location sont proposés aux experts de la Compagnie. (voir la rubrique relative aux prestataires)

L’ intervenant est  :

M. Christophe SALGUEIRO – de la société LABO and CO

Intervenez sur le forum illico.

Patrick JEANDOT

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Le plancher dans l’habitat ancien

27 janvier, 2010  |  ateliers

Le treizième atelier-débat a pour thème :

 » Le plancher ancien « 

L’intervention du conférencier s’articulera sur les sujets suivants :

  1. Première définition fonctionnelle d’un plancher
  2. Vocabulaire de base associé
  3. Caractérisation d’un plancher
  4. Caractéristiques mécaniques

L’ intervenant est  :

M. Jacques FREDET – Architecte

Intervenez sur le forum illico.

Patrick JEANDOT

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RESUME DE L’INTERVENTION CI-DESSOUS:

CONNAISSANCE DU BÂTI ANCIEN

PLANCHERS ANCIENS PARISIENS

PREMIÈRE DÉFINITION FONCTIONNELLE D’UN PLANCHER : ouvrage horizontal de charpente qui sépare les étages d’un bâtiment et supporte une aire de répartition des charges d’exploitation correspondant à une destination spécifique (affectation, usage des lieux).

Comme ouvrage de structure, sa FONCTION STATIQUE PRINCIPALE est de recevoir des charges d’exploitation, aujourd’hui normalisées (logement, bureaux, magasins, école, hôpital, etc.). Le plancher constitue un sol artificiel à un niveau souhaité. L’ouvrage travaille principalement en flexion à mi-portée et au cisaillement au voisinage de ses appuis.

À cette fonction structurale primaire (dite de couvrement ou encore de franchissement) s’ajoutent d’autres FONCTIONS STATIQUES COMPLÉMENTAIRES : stabiliser les appuis — généralement sujets à un équilibre instable — en constituant des butées par frottement ou en les empêchant de s’écarter (lorsqu’un ancrage existe, effectivement) ; les planchers constituent donc, à chaque niveau où ils sont présents, des dispositifs anti-flambement. Dans certains cas, la structure horizontale avec ses augets (entrevous) forment une surface horizontale rigide participant à l’indéformabilité d’ensemble (contreventement) en transmettant les efforts du vent sur les parois inférieures, jusqu’aux fondations (cas des planchers fers avec croix de Saint-André placés juste au-dessus de la travure avec augets en plâtre).

D’autres FONCTIONS DÉRIVÉES peuvent, selon les cas, devenir prépondérantes :

— la sous-face d’un plancher participe du décor des pièces situées en dessous (plafonds, peints, corniches, travures apparentes, caissonées ou non, etc.) et parfois même de la partition spatiale du niveau de dessous (impact des retombées sur la partition spatiale) ;

— certains planchers peuvent jouer un rôle de coupe-feu entre niveaux de commerces et d’habitation par exemple ;

— le rôle de coupure acoustique peut devenir prépondérant dans la conception de la travure ;

— de même pour le rôle de coupure thermique peut s’avérer décisif ;

— enfin le rôle d’incorporation des canalisations ou celui de surface diffusant de la chaleur ou du froid peut être ajouté aux planchers (avec chapes flottantes, etc.), bien que cela soit fortement déconseillé dans les planchers anciens en raison des risques importants que cela entraîne (dégradation, usure accélérée de l’ouvrage).

Dans un immeuble d’habitation collective situé en ville, les planchers sont les ouvrages les plus nombreux, les plus répétitifs et les plus fragiles, notamment à l’eau et à l’humidité sous toutes leurs formes : leur capacité portante règle souvent la STRATÉGIE D’INTERVENTION (entretien, grosses réparations, renforcements, réaffectation d’un bâtiment). Lorsque l’opération dérive vers un façadisme subi, cela provient le plus souvent d’une méconnaissance de leur anatomie et de leur état de conservation ; le fait de les remplacer peut conduire à la suppression des parois de refend, ce qui conduit à vider l’ensemble des ouvrages à l’intérieur du périmètre défini par les parois périphériques.

Notion d’INTERVALLE STRUCTURAL (IS). L’examen de la morphologie des travures de planchers permet d’identifier les intervalles structuraux, formés par la composition des murs périphériques avec les parois de refends ; l’intervalle structural est la plus petite unité d’intervention dans des travaux de grosses réparations (« réhabiltation »).

Le SENS DE PORTÉE des planchers traditionnels en bois ou en fer (planchers unidirectionnel) classe automatiquement les parois de chaque intervalle : deux d’entre elles deviennent porteuses — sous-entendu de plancher —, les deux autres ne l’étant pas du tout ou presque pas, ce qui, en l’absence de chaînages appropriés, fragilise celles-ci vis à vis du flambement : une paroi non porteuse peut fréquemment assurer un rôle structural d’indéformabilité ou de chaînage d’un corps de bâti.

Dans le diagnostic de la structure statique, la PATHOLOGIE DES PLANCHERS occupe une place importante (flèches, dénivelées, détérioration des appuis, des assemblages, défauts des bois, attaque des insectes ou champignons lignivores, corrosion des fers, etc.). L’eau et l’humidité sont responsables de la plupart des désordres, notamment au voisinage des pièces humides (cuisines, salles d’eau, W.-C.) ainsi qu’aux rencontres avec les parois périphériques les plus exposées aux intempéries (pompage par les abouts de l’humidité présente dans certaines parties exposées de l’enveloppe périphérique).

L’EXAMEN D’UN PLANCHER concerne au minimum la totalité d’un intervalle structural, et, le plus souvent, celui des intervalles adjacents ; cela consiste à identifier le sens de portée, la nature des appuis, à caractériser le matériau et le type de travure, les équarrissages standard (hauteur, largeur de chaque membrure, l’entraxe répétitif), le type de hourdis et d’aire de répartition des charges d’exploitation notamment leur dimensions effectives  afin d’évaluer la marge de capacité portante dont on dispose dans les conditions qui affectent les charges d’exploitation.

Dans un édifice d’habitation parisien, certains niveaux présentent des PLANCHERS SPÉCIAUX, assurant généralement un rôle de transfert statique. Il s’agit :

— du plancher haut de rez-de-chaussée (ou de l’entresol) assurant le transfert des étages courants d’habitation vers les niveaux commerciaux : en effet, les plans des uns et des autres se superposent rarement et un certain nombre de points porteurs des étages peuvent être supprimés aux rez-de-chaussée et entresols ; ces transferts statiques s’opèrent généralement au moyen d’ouvrages spéciaux appelés poitrails, en bois ou en fer.

— du plancher bas de l’étage en retrait, lorsque celui-ci existe.

— des étages de combles dont la charpente est plus ou moins associée à celle des fermes, avec, notamment, la présence d’entraits portant planchers.

— à certaines époques, les planchers peuvent recevoir dans des enchevêtrures appropriées, les parois verticales des cages d’escalier et des courettes.

— le plancher bas du rez-de-chaussée, construit en fer à partir des années 1840, en remplacement des voûtes maçonnées, reçoit des charges d’exploitation nettement plus élevées que dans les étages courants d’habitation (500 daN/m2 au lieu des 150 daN/m2 réglementaires) ; il comporte généralement des trémies spéciales (descente de cave particulière, monte-charge, linçoirs de soupiraux) et supporte des variations hygro-thermiques importantes (humidité des caves, nettoyage des sols, chocs, etc.). C’est toujours un plancher de matériau et de morphologie particulière.

 

 

VOCABULAIRE DE BASE ASSOCIÉ :

COUVREMENT (voir aussi : ARC, FERME, LINTEAU, PLANCHER, PLATE-BANDE, POITRAIL, POUTRE, VOÛTE) — Ce terme générique désigne tout ouvrage franchissant une portée entre appuis, quel que soit son mode de franchissement, et limitant par le haut une baie, une pièce d’habitation, un espace intérieur quelconque. Les deux principaux modes de couvrement sont le mode architravé et le mode clavé ou voûté. L’encorbellement est un cas particulier de couvrement, rattachable au mode architravé. Les professionnels de l’ingénierie utilisent souvent le terme de franchissement à la place de celui de couvrement ; le premier terme met en évidence le problème mécanique de franchissement d’une portée, alors que le second souligne celui de définition des limites d’un espace.

Le linteau, la plate-bande, l’arc, la voûte, le plancher (poutres et solives), le poitrail et la ferme constituent les principaux ouvrages de couvrement parisiens qu’il faut connaître.

TRAVÉE DE PLANCHER (voir : PLANCHER) — « Rang de solives posées entre les deux poutres d’un plancher ou entre une poutre et un mur » [ou encore entre deux murs] (Roland Le Virloys).

INTERVALLE STRUCTURAL — Les intervalles structuraux d’un corps de bâti sont définis, en plan, par la redivision de l’aire formée par ses parois périphériques verticales au moyen des parois de refend transversales et longitudinales. Ces intervalles, toujours clos par des éléments principaux de la structure, sont adjacents, ne se recouvrent pas et pavent le plan (au sens topologique de paver). Ils sont fréquemment convexes. Quand ils sont concaves, on observe le plus souvent un ouvrage horizontal de structure (tel qu’un tirant) au voisinage de l’angle rentrant, ce qui permet de les subdiviser en sous-ensembles plus ou moins autonomes.

Chaque intervalle structural constitue une unité spatiale et constructive relativement indépendante et qui a sa cohérence propre. C’est aussi une unité d’intervention dans un projet de réutilisation ou de restauration d’un édifice. Dans certains cas, peu nombreux, les refends, notamment ceux qui incorporent des conduits de fumée, peuvent ne rediviser qu’incomplètement un intervalle clos particulier ; on considère alors l’intervalle de taille supérieure qui réunit les parties indivises.

TRÉMIE (voir aussi : ENCHEVÊTRURE) — Le terme désigne une ouverture (cf. l’apertio d’Alberti) pratiquée dans un ouvrage de couvrement, tel qu’un plancher, une charpente de comble, une voûte maçonnée, afin de permettre le passage d’un escalier, d’un conduit de cheminée ou tout autre conduit d’emprise importante (canalisations groupées, ascenseur, monte-charge, rampe d’accès, etc.).

On parle de trémie lorsque l’ampleur de cette ouverture nécessite l’interruption de certains membres de la structure qui doivent être en conséquence soulagés par d’autres. On parle de simple réservation lorsque le passage s’opère dans l’intervalle de ceux-ci.

ENCHEVÊTRURE (CHEVÊTRE, LINÇOIR) [voir aussi : PLANCHER, TRÉMIE] — Assemblage de deux solives principales dites solives d’enchevêtrure et d’un ou deux chevêtres dans une ossature de charpente, généralement un plancher, afin de former une ouverture dite trémie, soit pour porter un âtre de cheminée, soit pour faire passer des conduits de cheminée ou encore pour y disposer un escalier.

À ces ouvrages s’ajoutent, aujourd’hui, le passage des ascenseurs, des monte-charges, des rampes accompagnant les aires de stationnement pour automobiles, des canalisations verticales de grande section — à chaque fois que l’on doit interrompre les membrures d’un plancher. Les ouvertures pratiquées dans le chevronnage des charpentes de combles pour le passage des lucarnes, châssis, lanterneaux et souches de cheminée, requièrent l’établissement d’enchevêtrures placées entre des chevrons de plus forte section, dits chevrons de jouée et des chevêtres appelés dans ce cas linçoirs.

Les solives d’enchevêtrure, particulièrement sollicitées au voisinage des appuis de chevêtres, sont de section plus forte que les autres et, dans les planchers en bois, elles sont de brin.

LINÇOIR (voir aussi : CHEVÊTRE, ENCHEVÊTRURE, PLANCHER, TRÉMIE) — Chevêtre placé au-devant d’une baie ou d’un conduit de cheminée. Les linçoirs déchargent les linteaux, plates-bandes, arcs, etc. de l’appui des planchers. Le terme est aujourd’hui équivalent à celui de chevêtre, réservé initialement aux seules trémies de cheminée et d’escalier.

Dans une façade comportant plusieurs travées de baies rapprochées, les arrière-linteaux et les linçoirs successifs peuvent fusionner selon une seule pièce ou deux pièces filantes qui sont appelées plates-formes ou sablières chaînantes, lorsqu’elles reçoivent les appuis de planchers en bois, filets lorsqu’elles reçoivent ceux de planchers en fer.

AIRE DE PLANCHER (voir aussi : AIS, CHAPE, ENTREVOUS, HOURDIS, PLANCHER) — Initialement « ce terme exprime deux choses : 1er. la charge qu’on met sur les solives d’un plancher, qu’on appelle ordinairement fausse-aire 2e. une couche de plâtre pur pour recevoir le carreau ou pour en tenir lieu. » (d’Aviler).

Par extension, l’aire de plancher est le terme fréquemment employé pour désigner l’ouvrage, d’allure horizontale, qui permet de ponter les intervalles dans la poutraison de la charpente d’un plancher. L’expression se substitue alors aux termes d’ais d’entrevous, hourdis, qui désignent différentes façons de clore les intervalles de cette poutraison, et de répartir les charges d’exploitation sur l’ensemble de celle-ci.

Dans les anciens planchers à travure apparente, l’aire de plancher — ou fausse aire — consistait en une couche de plâtre, d’environ 2 pouces d’épaisseur, dressée sur des planches de bois (ais) posées directement sur les solives, parallèlement à celles-ci, ou sur de petites lattes de chêne refendues (bardeaux), simplement posées au-dessus des solives, perpendiculairement à celles-ci ; cette couche de plâtre pouvait suffire comme sol fini dans les habitations sommaires et les galetas ; dans d’autres cas, elle était recouverte d’un revêtement de sol constitué de carreaux de terre cuite, de dalles de pierre et, ultérieurement, de frises de parquet posées sur des lambourdes.

Lorsque le plancher est creux (« cinquième espèce de plancher » selon la classification de Bullet, les bardeaux et l’aire du dessus sont complétés en dessous par un lattis enduit, cloué sous la travure et faisant corps avec des augets en plâtre ; ceux-ci sont coulés par-dessus, entre les solives du plancher, avant la mise en place de l’aire. Le lattis et son enduit en plâtre, indissociables, forment le plafond ; plafond et augets entretoisent les solives et insonorisent les planchers. Lorsque les planchers sont hourdés pleins, c’est-à-dire quand les intervalles de leurs solives ou entrevous sont complètement remplis de plâtre, plâtras, déchets de coupe de moellons (cas des paliers d’escalier, des planchers hauts des écuries et des remises), l’aire est réduite à la seule couche de plâtre, sans bardeaux.

Aujourd’hui, ce terme tend à être remplacé par celui de forme ou de chape, couche, ou ensemble de couches, située entre la structure portante du plancher et le revêtement de sol proprement dit.

AIS (D’ENTREVOUS) [voir aussi : AIRE, CHAPE, ENTREVOUS] — Les ais sont des planches de bois destinées à clore l’intervalle entre les solives d’un plancher.

APPUI — L’appui d’un plancher, d’un poitrail, d’une ferme, etc. désigne une partie bien précise de l’ouvrage qui reçoit ce plancher, cette ferme, etc. : il s’agit de la surface de contact, généralement horizontale, de ces ouvrages de couvrement avec leurs supports verticaux.

Dans la conception de la structure statique d’un bâtiment, on distingue trois sortes d’appuis :

— l’appui simple (appui libre) qui n’admet qu’une réaction dans le plan moyen de la pièce, normale à la surface d’appui (la seule inconnue est l’intensité de la réaction) ; c’est le cas du repos des poutres, poutrelles et diverses solives des planchers anciens sur les murs en maçonnerie et sur les sablières hautes des pans de bois ; ce genre d’appui permet un remplacement aisé des pièces dans ces ouvrages ;

— l’articulation (appui articulé) dont la réaction autour de la rotule (ou ce qui en tient lieu) peut prendre une direction quelconque dans le plan moyen (on ne connaît ni la direction de cette réaction dans ce plan, ni son intensité) ;

— l’encastrement (appui encastré) : aux deux inconnues de précédentes, s’ajoute un couple de forces qui empêche toute rotation de l’appui autour d’un axe perpendiculaire au plan moyen (l’angle formé par la pièce et son support doit rester invariable) ; l’encastrement transmet un couple d’encastrement à l’ouvrage de support ; les assemblages d’ossatures à goussets rentrent dans cette catégorie ; dans les ossatures métalliques contemporaines, boulonnées ou soudées, l’assemblage à encastrement est très utilisé (avec barrettes, raidisseurs d’âme), de même que dans les ouvrages en béton armé (encastrement des poutres, semi-encastrement des planchers dans les parois portantes) où il assure en même temps une cohésion d’ensemble de la structure. L’appui à encastrement est caractéristique des cadres et des portiques ; il ne faut pas confondre ici scellement — ou empochement — et encastrement, ces mots étant équivalents dans le langage courant.

Bien que ces trois cas théoriques ne se rencontrent qu’imparfaitement dans la réalité, ils servent néanmoins de modélisation des appuis pour établir le schéma statique.

 

AUTRE CARACTÉRISATION D’UN PLANCHER

C’est un ouvrage horizontal de charpente qui sépare les étages d’un bâtiment et supporte une aire à destination spécifique. Il reçoit des charges d’exploitation, aujourd’hui normalisées. Le plancher constitue un sol artificiel à un niveau souhaité.

Le terme spécialisé de plancher désigne ici un ouvrage de structure, alors que dans le langage courant il est souvent assimilé à celui de planches de parquet placées au-dessus dudit ouvrage. Le plafond est la surface inférieure d’un plancher ou sous-face, laissée directement visible dans le cas d’un plancher apparent, ou revêtue de planches, de caissons, de panneaux ou d’enduits divers dans le cas d’un plancher plafonné.

La distance entre deux appuis d’une même pièce horizontale de la charpente d’un plancher s’appelle portée et ce même mot désigne également la surface horizontale d’appui proprement dite de chaque pièce d’un plancher. On appelle travée un « rang de solives posées entre les deux poutres d’un plancher ou entre une poutre et un mur » (Roland Le Virloys). Une travée de plancher renvoie généralement à un intervalle structural, c’est-à-dire une aire délimitée par des ouvrages de structure d’allure verticale, porteurs ou non porteurs de planchers, reliés entre eux de façon continue et close.

Les parties complémentaires d’un plancher en bois parisien sont l’aire de répartition des charges d’exploitation (aire en plâtre coulée sur des ais ou des bardeaux en bois de chêne), le revêtement de sol (carreaux de terre cuite ou parquet sur lambourdes), l’auget (dans les planchers creux) ou le hourdis (dans les planchers pleins) ainsi que le plafond (enduit plâtre sur lattis) lorsque la travure n’est pas apparente par-dessous.

Un plancher opère une translation de l’ensemble des forces qu’il reçoit sur ses appuis. Il travaille essentiellement à la flexion ; les planchers contribuent à stabiliser les murs qui les soutiennent en les empêchant de se rapprocher ou de s’écarter ; ils réduisent la hauteur de flambage des murs et contribuent à l’indéformabilité dans le plan horizontal de la structure d’ensemble.

Le terme de plancher bas désigne la vue géométrale de la structure d’un plancher par dessus, alors que celui de planche haut désigne (par convention) une vue du dessous inversée comme dans un miroir (le côté gauche se transforme en côté droit et inversement) : on dessine donc une vue du dessous sur la disposition du dessus, comme dans les plans de coffrage des planchers en béton armé.

On distingue deux familles principales de planchers selon la composition de leur travée :

1 — les planchers à travée simple, où les pièces de charpente consistent principalement en un simple cours de solives courantes en bois (appelées dans certains cas poutrelles), disposées parallèlement entre elles (éventuellement en éventail) à intervalles réguliers et prenant appui à leurs extrémités sur des parois, dites en conséquence porteuses — sous-entendu de planchers —, les autres parois ne l’étant pas, ce qui ne veut nullement dire qu’elle ne font pas éventuellement partie de la structure ;

2 — les planchers à travée composée, où les solives reposent soit sur des poutres maîtresses, soit sur une poutre maîtresse et une paroi porteuse (planchers dits à la française décrits un peu plus loin), ou bien elles sont assemblés sur des chevêtres et des solives principales (planchers d’assemblage ou planchers à enchevêtrures décrits plus loin). Le report de charges d’exploitation sur les solives courantes peut s’effectuer directement (cas parisien) ou par des pièces intermédiaires (soliveaux) ; ce cas est fréquent en Italie ou en Angleterre et, dans ce dernier pays, ce type de plancher est désigné sous le nom de triple floor.

Étant donné que chaque pièce destinée à l’habitation devait être équipée d’une cheminée, son plancher, lorsqu’il était à travée simple, comportait en conséquence au moins une trémie avec enchevêtrure (ouverture pratiquée dans la travure pour y placer une cheminée sur un support incombustible). On range néanmoins ce cas de plancher dans les travées simples car l’enchevêtrure est unique, mineure, alors que le simple cours de solive l’emporte majoritairement. Seules les travées de plancher sans aucune trémie méritent pleinement le nom de travées simples — ce qui se rencontre rarement dans les édifices d’habitation à étages multiples, à l’exception des paliers principaux d’escalier et des petites pièces de dégagement ou de service.

À Paris, le plancher à la française est un plancher apparent et la sous-face de ses membrures est traitée pour s’offrir à la vue. Les maîtresses poutres font saillie par le dessous, en formant retombée, et l’appui des solives sur les parois se fait le plus souvent par l’intermédiaire d’une poutrelle muralière, dite aussi lambourde, qui a pour but d’éviter d’affaiblir ces dernières par les nombreuses pénétrations des solives dans le corps de leur appareil maçonné. Dans sa version canonique, au début du XVIIe siècle, les solives, de 5 pouces par 7 de section, sont placées à plat et espacées tant plein que vide.

Une variante de ce plancher consiste à placer les cours de solives dans le plan horizontal de la sous-face de la poutre-maîtresse en les assemblant dans des lambourdes, placées le long de la poutre et reliées à celle-ci par des boulons traversants et des étriers. Cette variante, plafonnée et sans retombée, se rencontre souvent dans les hôtels de la seconde moitié du XVIIe siècle et une autre variante de cette disposition s’observe dans les ateliers et entrepôts du XIXe siècle.

Les planchers à système d’enchevêtrures ou planchers d’assemblage parisiens, utilisent, comme leur nom l’indique, systématiquement l’enchevêtrure au droit des cheminées, conduits et baies, afin de maintenir une garde au feu et d’éviter de s’appuyer sur le couvrement des baies situées immédiatement au-dessous d’eux. Ils se composent de pièces maîtresses, les solives d’enchevêtrure, disposées de chaque côté des baies, des cheminées et des conduits à contourner et reliées entre elles dans leur plan par des chevêtres ou des linçoirs dans lesquels s’assemblent des cours de solives de plus petites sections, dites solives de remplissage ou de remplage ; solives d’enchevêtrure, chevêtres et linçoirs sont en bois de brin, de section carrée d’environ 8 pouces de côté (22 cm). Ces planchers n’ont pas de retombée et toutes leurs pièces sont établies sur un même plan horizontal inférieur de référence afin de permettre le plafonnage. À partir de la fin du XVIIe siècle, ils ne sont plus apparents et leurs bois sont équarris en conséquence ; ils sont recouverts sur leur face inférieure d’un plafond enduit plâtré sur lattis, faisant corps avec l’auget entretoisant les pièces de charpente. Les linçoirs ne diffèrent des chevêtres que par leur position au droit des baies et des conduits de cheminée.

Dans un plancher en bois parisien, on distingue donc tout un ensemble de pièces de charpente qui traduit, dans un vocabulaire adéquat, une hiérarchie structurale, reflet d’un cheminement des forces, oublié aujourd’hui par nombre de professionnels du bâti. Ce sont par ordre d’importance structurale :

— les poutres maîtresses ;

— les solives d’enchevêtrures ;

— les chevêtres et les linçoirs ;

— les solives d’enchevêtrures boiteuses (assemblées d’un côté dans les chevêtres ou linçoirs, et de l’autre en appui sur des parois porteuses) ;

— les solives ordinaires ou solives courantes (dites poutrelles dans les planchers fer ou en béton armé) ;

— les solives de remplissage normales ou boiteuses ;

— les soliveaux (solives de remplissage de petite longueur).

Lorsque les solives courantes, de remplissage, sont de grande portée et de sections nettement plus haute que large (h / b > 2), ce qui se produit le plus souvent avec des solives de sciage mécanique de section voisine du madrier (h / b = 3), celles-ci tendent à se dérober sous la charge (déversement par torsion). On les maintient en leur milieu par des liernes, pièces de bois entaillées, disposées au-dessus de la travure à mi-portée, perpendiculairement aux solives, ou par des entretoises clouées latéralement ; les augets contribuent aussi à éviter la torsion.

Une table des équarrissages des solives, proportionnellement à leur portée est fournie par Mathurin Jousse dans son Le Théatre de l’art du charpentier et celle-ci sera reprise, telle quelle, dans tous les traités suivants : l’élancement géométrique des solives est voisin de 24, chiffre préconisé par Rondelet dans son Art de Bâtir (Traité de l’art de Bâtir). Une autre table est fournie pour les maîtresses poutres, mais celle-ci ne fut que peu suivie dans la pratique, les équarrissages théoriques préconisés étant trop coûteux pour les maisons bourgeoises, et surtout indisponibles sur le marché : on observe rarement des sections en travée supérieures à 20 pouces (54 cm), 15 et 16 pouces (41 et 43 cm) étant les hauteurs les plus courantes à Paris, et ce pour des portées pouvant atteindre 22 pieds et au-delà (7,15 m) ; d’où leurs flèches importantes (sous-dimensionnement), accentuées par les défauts des bois. Dans l’habitation ordinaire parisienne, on ne trouve que rarement des poutres dont la longueur hors tout dépasse les 24 pieds (7,80 m), dimension de nombre d’entraits de fermes portant plancher. Les portées des poutres maîtresses les plus courantes oscillent entre 16 pieds (5,20 m) et 22 pieds (7,15 m), la longueur de la perche royale, que l’on rencontre couramment dans les planchers des hôtels.

Dans le passage des planchers en bois aux planchers en fer, les familles de planchers restent les mêmes, mais la nomenclature des pièces se simplifie : les solives des anciens planchers en bois sont dorénavant appelées poutrelles et, dans l’habitation courante, celles-ci sont faites de profilés I à ailes ordinaires (I a. o.) de 140 à 180 mm de haut. On se contenta de doubler l’entraxe qui est passé de l’ancien pied (32, 48 cm) à 70 cm environ.

 

PLANCHERS EN BOIS

LE MATÉRIAU BOIS (bas lat. boscus, allem. Busch) est hétérogène, anisotrope, de structure réglée par celle de ses fibres ; il est d’hygroscopie variable et possède un assez grand module d’élasticité (E = 16,6 GPa ║ fibres, = 1 GPa ┴ fibres ; ou respectivement : 12, 5 GPa et 0,6 GPa selon d’autres auteurs : voir la variation en fonction des essences).

Le bois est un matériau naturel, organique qui enregistre non seulement l’histoire de sa croissance mais aussi certaines caractéristiques de son sol : années sèches, pluvieuses, direction des vents dominants, pente et composition du sol, quantité d’exposition à la lumière (bois en lisière, plantations en massifs), élagage (morphologie des nœuds), etc. ; un bois de construction doit être bien élevé et l’élevage du bois de construction suppose une véritable culture à grande échelle qui a pratiquement disparue en France au XXe siècle. Le lien qui unit l’arbre à l’homme est préhistorique : l’arbre est un symbole de la vie humaine et de sa transmission d’une génération à l’autre (arbre généalogique). Correctement mis en œuvre, c’est-à-dire sec et avec une circulation d’air suffisante, le bois est pratiquement inaltérable. L’acier, non revêtu ou protégé, craint davantage le feu que le bois.

Le bois a un tissu poreux, hétérogène et anisotrope : il présente une résistance différente selon qu’il est sollicité dans le sens de ses fibres ou dans le sens perpendiculaire à celles-ci : l’anisotropie signifie ici que les propriétés sont différentes suivant les sections considérées — radiale, axiale, tangentielle —, l’angle de la direction d’application et le sens de la contrainte. Il gonfle et fait du retrait en permanence (on dit qu’il travaille hygrothermiquement) et la conception des assemblages doit tenir compte de ces gonflements et retraits, conjointement aux caractéristiques mécaniques anisotropes. Les propriétés du bois, variables, lui confèrent des avantages et des inconvénients, certains d’entre eux pouvant être recherchés pour des utilisations spécifiques (textures particulières en revêtement de surface, bois torses utilisés en charpenterie de marine, etc.).

Au niveau macroscopique, les cellules principales sont effilées et parallèles à l’axe du tronc, direction dans laquelle la résistance du bois est la plus élevée. Dans le sens axial, le bois est structuré en cernes traduisant des variations de densités, crées par les croissances rapides de printemps et d’été. L’essentiel de la croissance de l’arbre se passe dans le cambium ou aubier formant une couche étroite, juste sous l’écorce, le reste du bois étant plus ou moins mort, mais jouant un rôle mécanique essentiel de soutient de l’arbre. À l’échelle microscopique, les bois sont des solides expansés, présentant des cellules ligneuses tubulaires (longueur de 2 à 4 mm, diamètre de 20 à 40 mm), serrées les unes contre les autres (réseau quasi hexagonal), d’allure parallèle à l’axe de croissance de l’arbre. À l’échelle moléculaire, les parois des cellules ligneuses ont une structure qu’on peut qualifier de matériau composite (une matrice plus un renfort selon la physique du solide). Les fibres de cellulose (C6H10O5)n ont une structure cristalline, synthétisées par l’arbre à partir du glucose par une réaction de condensation (45% de la masse). Le rôle de la matrice est assuré par la lignine (20% de la masse), polymère amorphe, et par l’hémicellulose (20% de la masse), polymère partiellement cristallin. Le reste consiste en eau, en solution dans la matrice (10-15% de la masse), en huiles et en sels (5% de la masse) dispersés dans celle-ci, donnant au bois sa couleur, son odeur, et, le cas échéant, sa résistance aux insectes et champignons lignivores (coléoptères, insectes sociaux, bactéries). Pour les propriétés structurelles du bois, consulter : Michael F. Ashby, David R. H. Jones, Matériaux, t. 2, Microstructure et mise en œuvre, Oxford, 1980, Paris, 1991.

Afin d’évaluer les propriétés physiques d’un bois, on distingue différents plans de coupe : transversal, radial et tangentiel. La succession concentrique des cernes sur la section transversale du tronc est une caractéristique structurelle importante : le bois initial formé au printemps présente de grandes pores et une faible densité, tandis que le « bois final » ou bois d’automne, est plus dense. Le bois massif diffère essentiellement des matériaux industriels homogènes, souvent isotropes et de qualité constante, notamment des produits dérivés du bois (fibres, copeaux mélangés à des colles plus ou moins toxiques pour la respiration humaine).

APPRÉCIATION DE LA QUALITÉ D’UN BOIS DE CHARPENTE

Le classement visuel du bois scié se fait selon :

— les flaches,

— les nœuds (isolés ou groupés),

— les largeurs d’accroissements annuels,

— l’inclinaison des fibres (de 7 à 18%),

— les fentes (latérales de séchage = gerces, gélivures, roulures, etc.),

— l’altération de la couleur,

— les attaques éventuelles d’insectes ou de champignons lignivores,

— les courbures (longitudinale, transversale).

HUMIDITÉ DU BOIS

L’humidité : selon la teneur en eau, le bois est sujet à des gonflements ou des retraits volumiques inégalement répartis et très accentués dans le sens radial et tangentiel (peu de stabilité dimensionnelle) ; lorsque le bois est entreposé dans une atmosphère saturée d’eau (approchant 100% d’humidité relative), il atteint son propre point de saturation qui se situe à environ 30% ; un équilibre est atteint avec l’atmosphère environnante lorsque le bois atteint un taux de 17% d’humidité (bois dit commercialement sec) ; à l’intérieur des logements, l’humidité du bois avoisine 10%.

L’humidité du bois H se définit selon la formule : H % = (mH x mo  / mo) x 100

avec mH, masse à l’état humide et mo, masse à l’état sec (anhydre). Sur pied, le taux d’humidité peut varier de 90 à 12O%. Dans la charpente traditionnelle et la menuiserie extérieure, on admet un taux de 16 à 18%. Le taux n’est plus que de 11 à 13% dans la charpente d’un comble habité, de 9 à 12% dans la menuiserie et le parquet traditionnel. Le bois est particulièrement fragile dans la zone située au voisinage du sol. En conséquence, le bois de charpente ne doit jamais toucher ce sol : nécessité d’un socle, d’un plot en maçonnerie de 2’ (65 cm) de haut à l’extérieur, 1’ (30 cm) à l’intérieur. Un poteau en bois ne devrait jamais être empoché dans du béton et, d’une façon générale, les empochements des poutres et solives dans la maçonnerie doivent essayer de préserver au moins 3 faces au contact de l’air, dont principalement l’about de la pièce pour éviter le pompage par capillarité de l’eau ou de l’humidité en provenance des parois extérieures.

Le bois se fossilise dans l’eau, à condition de rester complètement immergé : c’est l’alternance de séchage et d’humidité qui le fait pourrir, raison pour laquelle on procède au recépage des pieux en bois en-dessous du niveau le plus bas des eaux.

 

CARACTÉRISTIQUES MÉCANIQUES :

mH est la masse à l’état humide, mo masse à l’état sec,

masse volumique (fonction du taux d’humidité) :

chêne d’Europe : 800 daN/ m3 (800 à 960 daN/m3 en moyenne)

sapin : 470 à 750 daN/ m3 selon les essences (moyenne 600 daN/ m3) (560 daN/ m3)

pin : 550 à 650 daN/ m3 (pin du nord : 560 daN/ m3)

pitchpin (Amérique) : 800 daN/m3

Pression de gonflement radiale (chêne) : 17 bars

Pression de gonflement tangentielle (chêne) : 25 bars ; d’où les gorges de décharges pour éviter les fissures accompagnant le retrait tangentiel (gerces ou gerçures).

Le retrait tangentiel est 1,5 à 2 fois plus élevé que le retrait radial.

Le bois « tire à cœur » : dans le cas d’un poitrail composé d’une bille resciée en deux dans le sens de la longueur, chacune de ces parties est placée à contre-cœur, c’est-à-dire que les faces contenant le cœur sont tournées vers l’extérieur ; cette disposition concerne toutes les pièces moisantes.

Séchage dit naturel : six à huit mois pour 25 mm d’épaisseur, 12 à quatorze mois pour 50 mm.

Dans le cas d’une poutre ou d’une solive travaillant en flexion, les nœuds doivent être placés au dessus de la fibre neutre ; lorsqu’il s’agit de bois de sciage, le cœur (définissant le raide ou côté bombé) doit être placé dans la partie supérieure de la membrure.

Incendie : dans une pile de bois 1 daN de bois en feu exige 10 litres d’eau pour absorber la chaleur de combustion.

Matériaux dérivés du bois : panneaux (contreplaqués, lattés, de particules) obtenus par collage, assemblage, pressage à chaud et thermodurcissement du liant, à partir de placages, lattes, lamelles, laine de bois, particules, fibres et autres matières ligno-cellulosiques ; la fragmentation et la reconstitution produisent une diminution de l’anisotropie ; leurs dimensions dépassent celles du bois massif.

 

1 Mpa = 10 bars = 1N / mm2

CHÊNE

SAPIN, MÉLÈZE

(classe : I, II, III)

Module d’élasticité (Young)

60 000 (┴), 125 000 (║) daN/cm2

30 000(┴), 100 000 (║) daN/cm2

compression axiale (║) sa

90 – 110 daN/cm2

85 – 105 daN/cm2

compression transversale s t

44 daN/cm2

ou 3 / 4 de sa (code Suisse)

22 daN/cm2

traction axiale (║) s’t’

90 – 100 daN/cm2

85 – 90 daN/cm2

traction transversale : 1/10 s’a

5 à 10 daN/cm2

0 – 7 daN/cm2

cisaillement : 1/10 sa

16 daN/cm2

13 daN/cm2

flexion statique

125 daN/cm2

110 daN/cm2

(ces valeurs dépendent des coefficients de sécurité adoptés, oscillant autour du 1/10, par rapport à la contrainte de rupture, voir le règlement CB 71)

1 N / mm2 = 1 MPa = 10 daN / cm2 = 10 bars

1 bar = 0,1 Mpa = 10 N / cm2

la contrainte admissible d’un bois est cinq fois plus petite que sa contrainte de rupture (Mémento technique du bois et matériaux associés, p. 21).

 

CLASSES DE RÉSISTANCE DU BOIS :

selon l’épaisseur de l’accroissement annuel (a), le diamètre des nœuds sains et non groupés (Øn), le pourcentage de pente du fil incliné (%) :

classe I : résistance élevée a = 3 mm Øn = 30 mm 7%

classe II : résistance normale a = 5 mm Øn = 40 mm 12%

classe III: résistance faible a = 10 mm Øn > 40 mm 18%

(ce classement a un influence sur les valeurs des propriétés mécaniques des résineux et non pas, selon les suisses, sur celle d’un résineux comme le chêne)

 

DÉBITS DES BOIS :

débit en plot, tout venant : le plus courant, d’exécution facile et rapide : dosses, contre-dosses, fausses dosses, faux quartiers, quartiers (comprend le centre, aspect maillé),

débit sur dosse, très usuel surtout pour les bois à forte proportion d’aubier (bois déligné, chants dressés à la scie),

débit Moreau (sciages successifs perpendiculaires),

débit sur quartier (en quatre quartiers, puis concentrique),

débit sur maille ou débit hollandais (en deux parties, redivisées en deux, puis concentrique).

 

FORMULES D’ÉQUARRISSAGE :

élancement géométrique :  (poutres : l / h  = 12

(solives : l / h  = 24

les trois conditions à vérifier simultanément sont les suivantes :

1) contrainte due au moment de flexion : s (daN/cm2)  =  M max  (cm/daN) ´ h (cm)  =  sadmissible

(condition de rupture, la plus contraignante) 2 I (cm4)

avec : M max = P l2 / 8 (charges uniformément réparties)

2) condition de flèche : f (cm)   =  M max (cm/daN) l2 (cm2)  =  1/150, 1/200, 1/300 ou 1/400

(déformation max. adm.)   a E (daN/cm2) I (cm4)

avec : I = bh3 / 12 (sections rectangulaires)

a = 9,6 (charges uniformément réparties), 12 (1 charge ponctuelle) ou 8 (2 charges ponctuelles réparties symétriquement sur une solive d’enchevêtrure)

E (module de Young) = 100 000 bars = 105 bars (avec 1 bar = 1 daN/cm2)

(le module d’élasticité E est un facteur de proportionnalité entre contrainte et déformation)

3) contrainte de cisaillement due à l’effort tranchant :   dmax (daN/cm2) = 3 T max (daN)  =  dadmissible

(rupture due au cisaillement)        2 S (cm2)

(dans cette dernière formule, S : surface de matière en section transvers., sans notion d’inertie)

 

On considère trois cas principaux de chargement :

a) charges uniformément réparties p, sur portée l : M max = p l2 / 8 T max = p l / 2 a = 9,6

b) charge concentrée P, située à une distance a de A et b de B, portée l entre A et B :

M max = [(p . b) / l] ´ a ,  réaction des appuis en A : (p . b) / l , en B : (p . a) / l

T max = P . a / b a = 12

c) deux charges concentrées réparties symétriquement au voisinage de chaque appui (< 1/4 de l) :

M max = P . a T max = P a = 8

dans ces équations, l’inconnue est p, charge par unité de longueur, à convertir en charge par mètre carré de plancher (charge d’exploitation admissible).

 

AIRES ou SURFACES D’INFLUENCE :

Les charges d’exploitation se répartissent sur les membrures d’un plancher selon sa morphologie spécifique (partition euclidienne de la surface du plancher selon des plans médiateurs entre appuis et entre poutres et solives) ; aire = entraxe de 2 solives consécutives ´ portée.

Les charges d’exploitation sont considérées comme uniformément réparties sur les membrures (par l’intermédiaire de l’aire), les appuis sont réputés simples (en réalité une articulation [2 inconnues] et un appui simple glissant [une inconnue] afin de rester dans les conditions d’isostaticité) ; on considère qu’il n’y a pas de continuité entre travées adjacentes de poutres ou de solives.

 

POIDS DES PLANCHERS :

poids propre d’un plancher bois : 250 daN / m2

avec charges d’exploitation du logement : 250 daN / m2 + 150 daN / m2 = 400 daN / m2

poids propre d’un plancher fer : 200 daN / m2

poids propre d’un plancher béton armé de 20 cm d’épaisseur : 500 daN / m2 (25 daN / m2 et par cm d’épaisseur)

plancher à ossature bois ou métal avec remplissage en plâtre et plâtras de x cm d’épaisseur avec revêtement en parquet bois : 12 (5 + x) daN / m3

parquet chêne, 24 mm d’épaisseur : 20 daN / m2

carreaux de TC léger à bain de mortier : 65 daN / m2

carreaux de TC lourds à bain de mortier : 100 daN / m2

plafond pâtre sur lattis : 20 daN/m2 (10 daN / m2 et par cm d’épaisseur)

cloison en carreaux de plâtre : 10 daN / m2 et par cm d’épaisseur

cloison de distribution très légère (placostyle) < 100 daN/ml (40 daN / m2 en chg. unif. répart.)

légère : entre 100 et 250 daN / ml (100 daN / m2 en chg. unif. répart.)

chape en mortier de ciment : 20 daN / m2 et par cm d’épaisseur

chape flottante en béton : 22 daN / m2 et par cm d’épaisseur

travure brute en chêne : 72 daN / m2

chêne d’Europe : 800 daN / m3 (jusqu’à 900 daN / m3)

maçonnerie : 2 200 daN / m3; plâtre : 1 000 daN / m3

 

PLANCHERS EN FER :

Les poutrelles I à ailes ordinaires sont deux fois plus espacées que dans un plancher en bois (l’entraxe est, à Paris, de 70 cm environ) ; elles étaient livrées avec une contre-flèche.

Poutrelles I à ailes ordinaires : les hauteurs courante des profilés sont de 120, 140, 160, 180 mm (variation de 2 en 2 mm).

Appui des poutrelles : de 20 à 35 cm dans la maçonnerie (ne pas dépasser la contrainte de 6 bars dans la maçonnerie) ; chevêtres et linçoirs : assemblages âme contre âme par équerres boulonnées ou rivetées, avec ou sans grugeage de l’âme (inférieure ou supérieure) de la poutrelle portée ; parfois une équerre filante est rivée (ou soudée) à l’âme du filet ou poutre principale pour servir d’appui aux poutrelles courantes disposées perpendiculairement.

Les poutrelles situées aux extrémités d’un intervalle structural ne sont pas placées le long des murs, mais à une distance d’environ 1/3 de l’entraxe courant, afin de tenir compte des meubles lourds que l’on place à ces endroits.

« Filets » (poutres : doubles ou triples I, entretoisés, bridés) : poutrelle unique ou poutrelles doublées recevant des cours de poutrelles simples, avec ou sans appui intermédiaires et généralement constitués de une ou plusieurs colonnes en fonte.

Cloisons portées par un plancher en fer : les solives sont dédoublées au droit des cloisons, parallèlement aux poutrelles, espacées d’au moins 20 cm pour faciliter le remplissage entre les fers ; si la cloison est perpendiculaire aux poutrelles, on place une semelle en bois ou un fer U au dessus de la travure.

Au droit des baies, des chevêtres (ou, à proprement parler, des-linçoirs) sont disposés pour soulager les linteaux, arrières-linteaux ou plates-bandes, de même qu’au droit des conduits de cheminée et dans les trémies qui accompagnent les escaliers placés à l’intérieur d’un intervalle structural.

Poitrails, poutres caissons : assemblages de plats et cornières formant une poutre fortement chargée et de petite portée.

Appuis sur colonnes en fontes : étrier ou goujon carré entre les âmes du filet.

Appuis sur pans de bois : sur la sablière haute du pan de bois.

Appuis sur parois maçonnées : rognures de fer pour réduire les contraintes de compression ou chaînage sous l’aile inférieure.

Tirants et ancres : plats, traits de Jupiter avec brides et coins de serrage, ancres ou rosaces intéressant au moins 2 hauteurs d’assise (60 cm).

Chaînages : en fers carrés puis en fers plats ; une ancre à chaque changement de direction.

Hourdis parisien en plâtre et plâtras : les augets en plâtre sont portés entre les poutrelles (protégées de l’oxydation avec du minium de plomb ou, aujourd’hui, avec des peintures époxy) par une paillasse en fers carrés composés d’entretoises, coudées et contre-coudées (dites aussi à double crochets), de 14 à 20 mm de côté, appliquées contre les ailes inférieures des poutrelles pour maintenir leur écartement, d’environ 1 mètre. On dispose sur ces cours d’entretoises de petits fers carrés de 7 à 12 mm de côté, dits fentons ou cotes de vaches, espacés d’environ 25 cm (2 à trois entre 2 solives). La hauteur de l’auget, composé de plâtras bien blancs et de plâtre coulé in situ sur un plancher provisoire de planches brutes formant coffrage, dépend de la « classe » de la maison (environ 10 cm à 12 cm au milieu avec bords relevés en forme d’auge). Lorsque le plâtre a fait prise, on retire le coffrage et le hourdis se trouve arasé au niveau inférieur des poutrelles : il présente assez d’aspérités pour recevoir le plafond de l’étage inférieur, sans recourir à l’emploi de lattes. Le plafond a une épaisseur de 20 à 35 mm, formé de deux enduits, le premier en plâtre gros, le second en plâtre fin. Le parquet du dessus est fixé sur des lambourdes lardées de clous à bateaux, scellées dans des solins en plâtre disposés parallèlement ou perpendiculairement aux poutrelles ; dans le cas d’un revêtement en carreaux de terre cuite, ceux-ci sont scellés (mortier de plâtre ou de ciment) au-dessus d’un lit de sable disposé sur des hourdis pleins affleurant le dessus des poutrelles.

Hourdis en moellons hourdés au mortier de ciment hydraulique en plancher bas des boutiques.

Hourdis en poteries creuses, closes aux deux bouts et noyées dans le plâtre constatables dans les enchevêtrures des cheminées de certains planchers au milieu du XIXe siècle.

Hourdis en carreaux de plâtre évidés (vides tubulaires dans le plan axial) à partir du dernier tiers du XIXe siècle.

Bardeaux (ou hourdis) de terre cuite (tubulaire) couramment utilisés aujourd’hui (bardeau de 20 ´ 70 ´ 6 à 8 cm) : hourdis « Perrière », biseauté (pour un meilleur enrobage de la partie inférieure du I avec un mortier maigre, du béton, du mâchefer, du plâtre) ; le remplissage est arasé au niveau supérieur des fers pour recevoir le carrelage. Lorsque le plancher est parqueté, la hauteur du remplissage est inférieure et on fixe les lambourdes, soit directement sur les fers, soit sur le remplissage par l’intermédiaire d’un solin en plâtre ; lorsque la sous-face striée du bardeau doit recevoir un enduit plâtre formant plafond, on utilise un hourdis biseauté à bouts relevés aux extrémités (ou avec entailles), avec ou sans plaquette de terre cuite sous les ailes inférieures des fers, afin d’éviter les spectres (ponts thermiques etc.). On a également fabriqué des hourdis en céramique, clavetés (2 sommiers et une clef) pontant de 80 cm à 1m, des hourdis avec sommiers spéciaux (certains cachant totalement l’aile inférieure des fers), des hourdis voûtains, etc.

Voûtains en briques pleines fréquents dans les sous-sols (1/2 brique ou 1/4 de brique d’épaisseur) ; on place presque toujours une solive contre le mur, en réservant un intervalle de remplissage ; les solives sont entretoisées par des boulons à 4 écrous ; dans les étages courants on a utilisé aussi des briques creuses, alvéolées.

 

VOCABULAIRE COMPLÉMENTAIRE :

AUBIER — Partie d’un arbre, de formation récente et incomplète, placée juste sous de l’écorce, avant le bois fait. L’aubier a une faible résistance mécanique, et les insectes et champignons lignivores l’attaquent facilement ; les bois de charpente devaient être purgés de leur aubier avant leur utilisation, pratique qui a disparu à partir du milieu du XIXe siècle dans la plupart des planchers plafonnés ; le flottage du bois, pratiqué couramment pratiqué jusqu’à l’arrivée du chemin de fer, réduit les risques d’attaque par les insectes.

AUGET (voir aussi : AIRE, PLANCHER) — Hourdis en plâtre gros reposant sur le lattis fixé sous les solives d’un plancher creux d’appartement et faisant corps indissociable avec le dégrossi de l’enduit du plafond de l’appartement du dessous ; les bords des augets sont relevés latéralement le long des solives pour former une sorte d’auge, tandis qu’un lardis de clous et de rappointis sur les faces latérales de celles-ci permet un meilleur accrochage du plâtre sur le bois.

À Paris, les augets en plâtre et plâtras cintrés sont les plus employés dans les planchers réalisés en poutrelles de fer des étages courants des immeubles d’habitation. Les poutrelles, en profilé I, sont maintenues latéralement par des entretoises en fer carré, espacées de 0, 80 m à 1 mètre, coudées et contre-coudées de façon à s’accrocher sur leurs ailes supérieures ; l’intervalle entre les poutrelles est redivisé parallèlement en trois, à l’aide d’autres fers carrés, dits fentons ou côtes de vache, pour former une sorte de paillasse d’auget dans laquelle on coule du gros plâtre sur un coffrage de planches disposé par-dessous. L’épaisseur de ces augets est de l’ordre d’une dizaine de centimètre en leur milieu et leurs bords sont relevés latéralement pour un meilleur maintien des poutrelles ; le plafond, indissociable de l’auget, se fait en deux couches d’enduit plâtré — l’un gros, l’autre fin — projetées à la sous-face de l’auget, brut de décoffrage.

BARDEAU (voir : AIRE, ENTREVOUS, HOURDIS) — Jusqu’au XIXe siècle, le terme désigne de petites lattes de chêne fendues à la hache suivant leur fil, de 1 pied de long, 18 lignes de large et 4 lignes d’épaisseur environ, sur lesquelles on coule une aire en plâtre dite aussi fausse aire, afin de ponter entre les solives d’un plancher. Vers 1850 apparaissent des briques creuses, moulées industriellement par filières, et remplaçant les lattes en bois ; elles furent, pour cette raison, également appelées bardeaux (sous-entendu en terre cuite) ; ces sortes de bardeaux sont utilisés dans les planchers en fer, conjointement aux hourdis en terre cuite, également creux, souvent mis en œuvre en dispositif clavé. Aujourd’hui, le bardeau en terre cuite ressemble à la brique plâtrière (environ 70 cm de long, par 20 cm de large et 5 cm d’épaisseur, avec des alvéoles disposées dans le sens de leur portée) ; il est posé sur les ailes inférieures des poutrelles d’un plancher métallique et sert de fond à divers remplissages d’entrevous.

Le terme désigne aussi de petites tuiles en bois (chêne, châtaignier, hêtre, etc.) servant de couverture sur des pentes très inclinées, voire verticales.

BÉCHEVET — Poutre composée dont la section est en profil de trapèze, formée par l’assemblage de deux pièces résultant du sciage en travers d’une pièce équarrie. Les cours de solives y sont assemblés de chaque côté et les faces inclinées de la poutre, disposées vers le haut, reçoivent les extrémités des solives selon des entailles avec des appuis à mordâne d’un côté et à tenon et mortaise de l’autre, afin de faciliter leur pose.

Le terme est aussi utilisé pour désigner les lambourdes crénelées recevant les appuis des cours de solives de chaque côté d’une maîtresse poutre.

BOIS (DE BRIN, DE SCIAGE) — Une pièce de charpente en bois de brin est tirée d’une grume dont on a ôté les quatre dosses, équarri les faces, mais dont les fibres principales (ses brins) ne sont pas coupées et où le cœur de l’arbre reste au voisinage de l’axe de la pièce.

Pour ces raisons, cette pièce est plus résistante que son équivalent en bois dit de sciage où la grume a été redécoupée en long selon divers débits (sciage sur 1, 2, 3 ou 4 faces). Lorsqu’elle est de brin, la section de la pièce varie forcément d’une extrémité à l’autre et prend une allure tronconique. La sous-face doit être néanmoins maintenue horizontale (notamment lorsqu’on veut fixer par dessous un enduit sur lattis) ; c’est donc la face du dessus qui est inclinée, la dénivelée étant rattrapée par des feuillures latérales dans lesquelles sont placés les bardeaux en bois ; le rôle de l’aire en plâtre est d’établir un même niveau horizontal au-dessus. Ainsi, une solive d’enchevêtrure de 8 pouces de section n’aura que 7 pouces environ à l’une de ses extrémités et 9 pouces et parfois plus à l’autre, ce côté étant généralement placé contre les murs de face où l’on craignait les désordres par infiltration et pompage par capillarité de l’eau et de l’humidité en provenance de l’extérieur, à travers les abouts des solives.

Les poteaux corniers, les entraits de ferme, les solives d’enchevêtrure, les chevêtres, les linçoirs, sont considérés comme des pièces de brin, même si, dans la réalité, ils comportent une ou deux faces de sciage minimal, l’axe de la pièce restant confondu avec le cœur de l’arbre.

BOIS FLACHEUX (BOIS FLACHE) — Bois dont les arêtes ne sont pas vives et qui comporte des flaches, par opposition aux bois vifs, équarris à vive arête. Une solive est dite flacheuse, quand elle présente des flaches sur une de ses faces latérales, ce qui présente plusieurs inconvénients majeurs : premièrement, sa section droite (et, par voie de conséquence, sa capacité portante) peut être considérablement réduite selon les irrégularités naturelles des flaches, notamment au petit bout de la solive ; deuxièmement, les bardeaux peuvent se dérober de leurs appuis qui sont dépourvus d’arête ; troisièmement, l’élancement de la section transversale variant jusqu’à se réduire au profil d’une planche debout, la solive aura tendance à se déverser par torsion sous la charge ; dans ce dernier cas, la présence de lierne ou d’entretoises est impérative.

CHAPE (voir aussi : AIRE, ENTREVOUS, HOURDIS) — Initialement, ce terme désignait une « aire imperméable que l’on établit sur une voûte pour empêcher les infiltrations, particulièrement sur les arches des ponts » (Chabat) ; cette aire était faite d’un mortier de chaux hydraulique ou de ciment mélangé avec du sable, recouvert ensuite de deux ou trois couches de bitume. La plupart des voûtes gothiques étaient recouvertes sur leur extrados d’une chape en mortier de chaux grasse.

Aujourd’hui, ce terme tend à remplacer celui d’aire de répartition des charges d’exploitation au-dessus d’un plancher — avec tous les risques de confusion que cela peut entraîner. La confection d’une chape permet de mettre la structure d’un plancher brut au voisinage du niveau fini souhaité, pour assurer une planéité d’ensemble et ponter entre les solives ou poutrelles d’un plancher.

Les termes contemporains chape, forme et dallette de répartition, désignent des ouvrages qui doivent satisfaire en tout ou partie aux exigences suivantes :

1 — supporter le revêtement de sol, qui peut être rigide ou flexible ;

2 — répartir les charges d’exploitation transmises par ce revêtement sur la structure du plancher situé juste au-dessous (poutres, solives, hourdis, entrevous, armatures, etc.), et pour cela il faut pouvoir amortir les irrégularités de la charpente afin de former une surface plane, horizontale ; à cette fonction de répartition peut éventuellement s’ajouter celle de collaborer au remplissage et à l’entretoisement des membrures de la charpente (la chape se substitue partiellement dans ce cas aux hourdis et entrevous, comme dans le cas de l’emploi d’un béton de billes d’argile expansé sur des grillages ou des feuilles d’acier déployé galvanisé) ;

3 — assurer la séparation complète entre deux niveaux contigus, c’est-à-dire former une clôture continue entre la structure et la surface finie du plancher (ou du plafond) afin d’obtenir un complément d’insonorisation entre locaux situés de part et d’autre du plancher ;

4 — de plus en plus fréquemment, après 1950, on lui ajoute une fonction d’enrobage et de protection des canalisations électriques, de chauffage et même de plomberie, disposées au-dessus de la structure du plancher. La chape assure, dans ce cas, la fonction d’incorporation et de conduction de ces canalisations. Cette pratique, déplorable en raison des nombreux risques que cela comporte, doit être absolument évitée dans les planchers anciens.

ENTABLURE —Raccordement en longueur des deux pièces portées mise bout à bout (raboutissage) sur un appui commun.

Les deux pièces peuvent être en contact par leurs sections droites (assemblage à cul nu), par une de leurs faces verticales latérales (entablure décalée), par une coupe verticale complète en biseau (entablure en biseau) ou par une coupe verticale partielle en biseau (entablure en biseau décalée). Cette dernière est très usitée à Paris : elle permet de gagner de la place à l’appui de deux solives d’enchevêtrure en vis-à-vis, de chaque côté de la sablière haute d’un refend en pan de bois (pour une nomenclature plus complète des entablures, voir Manfred Gerner, Les Assemblages des ossatures et charpentes en bois).

ENTREVOUS (voir aussi : AIRE, AIS, HOURDIS, PAN DE BOIS, PLANCHER, POUTRELLE-HOURDIS, VOÛTAIN) — L’entrevous « est l’intervalle qui est entre deux solives d’un plancher, ou deux poteaux de cloison, qu’on remplit de maçonnerie en plâtras, ou qu’on couvre seulement d’un enduit sur lattes » (Roland Le Virloys). « C’est l’espace qui est entre chaque solive d’un plancher, et qui est recouverte d’ais, ou enduit de plâtre » (d’Aviler). « On nomme les ais, entrevoux, lorsqu’ils servent à couvrir les espaces des solives, et qu’ils en ont la longueur sur neuf à dix pouces de large et un pouce d’épaisseur. » (d’Aviler.)

Selon Le Camus de Mézière (Guide de ceux qui veulent bâtir) la largeur de l’entrevous varie à Paris de 6 à 8 pouces. L’entrevous peut être couvert par des planches (ais) ou de petites lattes de chêne — souvent appelées bardeaux à partir du XIXe siècle — recouvertes d’une aire en plâtre, et clos par le bas au moyen d’augets. Lorsque l’entrevous est recouvert d’ais et que le plancher est apparent, les solives, de 5 pouces par 7 de section, sont posées à plat, « espacées en sorte qu’il y ait autant de plein comme de vide, car cela servira aussi d’ornement. » (Le Muet).

Aujourd’hui, cet espace peut être rempli par divers matériaux : briques creuses et agglomérés de béton, clavetés ou non, également appelés hourdis. Lorsque les intervalles prennent la forme de petites voûtes surbaissées, notamment entre les ailes des poutrelles des planchers en fer, ils sont appelés voûtains.

ÉTRIER — L’étrier le plus répandu est un fer plat coudé, contre-coudé et chantourné, servant à conforter l’assemblage par tenon et mortaise avec renfort à mordâne de deux pièces principales d’un plancher, telles que les chevêtres ou les linçoirs sur une solive d’enchevêtrure, une poutre ou un poitrail. Ses deux extrémités sont clouées sur la face supérieure de la pièce portante.

Aujourd’hui, avec la disparition de la forge des chantiers, l’étrier est souvent remplacé par des boîtiers industriels en tôle emboutie galvanisée, cloués sur chacune des pièces de charpente.

On désigne sous le même nom des fers plats coudés qui renforcent les assemblages entre un poinçon et un entrait de ferme ou entre un arbalétrier et une aiguille pendante.

FENTON — On désigne aussi ce type de fer sous les noms de carillon ou de côte de vache. De section carrée et d’environ 10 millimètres de côté (4 lignes), les fentons servent d’armatures à des ouvrages maçonnés, tels que les hottes des cheminées des cuisines ou les hourdis des planchers. Dans ce dernier cas, ils sont disposés sur des fers de plus grosse section, entretoisant leurs poutrelles, et placés parallèlement à celles-ci en étant espacés tous les 20 centimètres environ. On en trouve encore dans les trémies ménagées dans les enchevêtrures des cheminées pour constituer, avec des chevêtres en fer carré, une sorte de paillasse servant d’armature aux hourdis de remplissage.

HOURDIS, HOURDER (voir aussi : ENTREVOUS) — Hourder, consiste à liaisonner une maçonnerie avec un mortier à base de chaux, plâtre, terre, ciment hydraulique, ciment Portland, etc. ; c’est aussi faire un hourdis, c’est à dire remplir de matériaux maçonnés les intervalles entre les poteaux d’un pan de bois ou entre les solives d’un plancher (entrevous).

Les hourdis d’un plancher du XXe siècle peuvent être des matériaux préfabriqués, généralement alvéolés, en terre cuite ou agglomérés de béton, principalement utilisés dans les planchers mettant en œuvre des poutrelles préfabriquées en béton armé.

LAMBOURDE (voir aussi : PLANCHER, CALCAIRE GROSSIER) — Le mot lambourde a plusieurs sens, nettement distincts :

1 — ce peut être une pièce de charpente placée horizontalement le long d’un mur, soutenue par des corbeaux en pierre de taille, en bois ou en fers carrés, destinée à servir d’appuis pour les cours de solives d’un plancher afin d’éviter de l’affaiblir par de trop nombreux trous de scellement ou empochements ; le terme est alors équivalent à celui de poutre muralière qui le remplace parfois ;

2 — ce mot désigne aussi une pièce similaire, de même fonction, accolée à une poutre-maîtresse à laquelle elle est solidarisée au voisinage de sa face inférieure (par clouage, étriers, boulons traversants) ; cette poutre porte alors le nom de poutre à lambourdes ;

3 — dans un plancher apparent à la française, des lambourdes, de 10 pouces par 6 de section, peuvent être également accolées à la poutre-maîtresse, dans des entailles longitudinales pratiquées le long des arêtes supérieures de ses faces latérales, afin de recevoir les cours de solives tant pleins que vides et de les entretoiser ; de même que les lambourdes des murs auxquelles elles répondent à l’extrémité opposée, elles sont entaillées à chaque solive (repos à mi-bois) selon un crénelage continu formant l’intervalle entre chaque solive (en raison des multiples entailles, ces créneaux sont très fragiles et le démontage des solives doit s’effectuer avec précaution pour ne pas qu’ils se fendent selon le fil du bois) ; dans l’évaluation de la hauteur structurale d’un telle poutre, il ne faut donc pas compter la hauteur supplémentaire fournie par ces lambourdes, qui ne sont ici que des pièces intermédiaires, n’intervenant pas dans la capacité portante de la poutre ;

4 — ce peut être encore une pièce de menuiserie servant d’appui aux lames d’un parquet, sans aucun rôle structural : la lambourde de parquet ;

5 — enfin, ce peut être le dernier banc d’exploitation (étage inférieur) dans une carrière de calcaire grossier de la région parisienne (lambourde de Saint-Maur, de Gentilly, etc.).

MORDÂNE ou MORS D’ÂNE — Découpe de profil triangulaire, en renfort au-dessus d’un tenon pour améliorer la résistance au cisaillement de l’assemblage entre deux pièces horizontales d’un plancher, comme un chevêtre avec une solive d’enchevêtrure.

L’assemblage à tenon et mortaise chevillé avec mordâne doit être néanmoins conforté par un étrier, garantissant contre la rupture de la pièce recevante, le long des mortaises et des gerces qui en offrent une amorce potentielle.

POITRAIL (voir aussi : JAMBE ÉTRIÈRE, TRANSFERT STRUCTURAL) — [Desgodets écrit au pluriel poitraux, Chabat, au siècle suivant, poitrails, orthographe que nous avons retenue ici]. Le poitrail est un linteau de grande portée, ce qui veut dire ici supérieure à 2 mètres, supportant de fortes charges, telles que les trumeaux de façades et des murs de refend sur toute la hauteur du bâtiment. Initialement, ils comportent presque toujours des poteaux en bois en appuis intermédiaires (à partir du XIXe, ces poteaux ont été fréquemment remplacés par des colonnes en fonte siècle). On rencontre des poitrails au-dessus des baies des boutiques, des passages cochers, des remises. En tant que poutre assurant un important transfert statique, le poitrail reporte les charges sur ses appuis par translation horizontale.

Le poitrail s’étend sous toute l’épaisseur de la paroi maçonnée qu’il supporte, ce qui accroît en conséquence l’instabilité potentielle de celle-ci ; le transfert de charges sur les points d’appuis étant de grande intensité, ces derniers sont spécialement renforcés. La Coutume requiert des jambes étrières en façade sous leur appui, en têtes de murs mitoyens. Dans les bâtiments anciens parisiens, les poitrails peuvent être en bois ou en fer (à partir de 1830), d’une seule pièce ou constitués de plusieurs, composées entre elles. Les poitrails doivent être obligatoirement chaînés transversalement et longitudinalement aux ouvrages adjacents, généralement maçonnés, sous peine de flambage des façades qu’ils supportent.

Dans la partie inférieure des pans de bois des façades sur rue, sur cour ou des ailes en retour bordant les cages d’escalier, les poitrails peuvent être accompagnés d’un dispositif de décharge, placé sous les appuis de fenêtres situées immédiatement au-dessus, s’apparentant à une ferme, et souvent appelé poutre-allège (disposition courante jusqu’au XVIIIe siècle).

POUSSIER – Le poussier est un mélange de recoupes de pierres et de plâtras bien blancs, passés au crible, pour former une mince couche de désolidarisation, entre l’aire de répartition des charges d’exploitation et un revêtement de sol maçonné (carreaux de terre cuite, dalles de pierre).

POUTRELLE, POUTRELLE-HOURDIS (voir aussi : PLANCHER) — Historiquement, le terme de poutrelle est d’abord réservé à des profilés à chaud en fer ou en acier (non reconstitués), composés de deux ailes identiques réunies par une âme placée dans un plan qui leur est perpendiculaire. On distingue principalement le I (ou double té) et le H dont les âmes coïncident avec le plan de symétrie des profilés, et les fers en U (ou C) de section dissymétrique par rapport à leur plan principal d’inertie.

Le terme est ensuite utilisé dans les techniques du béton armé. L’expression poutrelle-hourdis désigne des poutrelles légères, le plus souvent préfabriquées, en béton armé ou en béton précontraint, supportant des entrevous (hourdis) intercalaires en divers matériaux (terre cuite, béton, tôle, bois aggloméré, polystyrène, etc.) servant de coffrage à un béton armé complémentaire. Les poutrelles sont à base de treillis métallique dont les aciers inférieurs sont enrobés dans un talon en béton formant nervure et qui servent d’appui aux entrevous. Ces poutrelles, portables par deux personnes, permettent une exécution sans engin de levage.

TENON (voir : ARASEMENT, MORDÂNE) — Le tenon est l’extrémité d’une pièce de bois, diminuée carrément selon ses fibres, d’environ deux tiers de son épaisseur, de façon à pouvoir pénétrer et s’assembler dans la gorge d’une autre pièce appelée mortaise.

Le tenon de charpente parisien a ordinairement 4 pouces de profondeur (10,8 cm) sur 18 lignes à 2 pouces d’épaisseur (4 à 5 cm) et occupe toute la largeur de la section de la pièce dont il fait partie (sauf si c’est un tenon carré et, dans ce cas, l’adjectif carré est spécifié) ; il ne touche pas le fond de la mortaise, maintenue un peu plus profonde ; ses joues, ou jouées, sont en contact latéral avec celles de la mortaise ; les deux faces d’arasement, perpendiculaires au plan de symétrie du tenon, forment épaulement à sa naissance et transmettent l’essentiel des contraintes de compression. Le serrage du tenon dans l’entaille de la mortaise est opéré par une cheville en bois dur qui traverse les deux joues de chacune des parties de l’assemblage.

Dans les pans de bois parisiens, tenon et mortaise chevillés sont le mode d’assemblage quasi exclusif. En position verticale, ils ne transmettent que des contraintes de compression et doivent, pour cette raison, être dédoublés afin de pouvoir reprendre les efforts obliques — d’où la disposition symétrique de la plupart de ces pièces.

Le tenon peut être droit ou oblique par rapport à la direction de la pièce qui le reçoit. À Paris, l’assemblage horizontal de deux pièces perpendiculaires d’un plancher, telles que les chevêtres ou les linçoirs dans les solives d’enchevêtrures, se fait ordinairement par tenon et mortaise chevillés avec mordâne et étrier de renfort, capable de supporter d’importants cisaillements. On trouve aussi des assemblages à doubles tenons, surtout dans la première moitié du XVIIIe siècle, ainsi que des assemblages avec tenon à renfort carré (ne pas confondre avec le tenon carré susmentionné) au-dessus ou au-dessous (parfois appelé tenon droit embrevé).

 

En conclusion sur le bois :

En latin médiéval, comme en latin classique (cf. Caesar, Guerre des Gaules), le terme materia désigne d’abord le bois de construction — par opposition à lignum qui désigne plutôt le bois de chauffe —, puis par extension n’importe quel matériau, voire la « matière » en général, celle-ci tirant donc son nom d’un des noms du bois[1].

Symbolique du bois au Moyen Âge : le Christ est en chêne, la Vierge en tilleul, les apôtres en orme, Judas en noyer, les cercueils sont en if. La hache est un instrument noble, une arme-outil (seulement dépassée par la lance et l’épée), alors que la scie est un outil du Diable, un instrument de torture avec lequel on découpe les Saints (cf. le supplice de la scie subi par le prophète Isaïe) ; la scie coûte cher, est difficile à entretenir et à réparer ; elle est silencieuse, lente, lâche, rusant avec la matière, cruelle avec le bois, massacrant les fibres de l’arbre…

 

 


[1] Les termes d’étoffe [XIIIe siècle], puis de métal [XIXe siècle], puis peut être de matière plastique [XXe siècle], joueront successivement ce rôle de désignation d’un matériau quelconque au cours des siècles.

Le ravalement

22 octobre, 2009  |  ateliers

Le douzième atelier-débat  a pour thème :

 » Le ravalement… tout ce que vous aimeriez savoir

et que l’on ne vous avoue jamais. »

Il se tiendra le :

JEUDI 22 OCTOBRE 2009 à 17H30

à la

FFB

Salle DESPAGNAT

10, rue du Débarcadère

75017 PARIS

L’intervention du conférencier M. François VIROLLEAUD s’articulera autour des thèmes suivants:

1. L’image de la ville : La façade n’appartient plus à celui qui la possède mais de plus en plus à celui qui la regarde.


2. La mission SPS : Les chiffres sont au rendez-vous.


3. DTU 81.2 : le chemin parcouru, la définition moderne du ravalement, la valise du ravaleur  (les textes utiles).


4. Ravaler les trois projets : nettoyer, réparer, protéger, améliorer.


5. Le projet de nettoyage et/ou de décapage : Un vide sidéral, l’absence de réglementation.

  • 5.1. L’encrassement le vieillissement deux poids deux mesures : Du nouveau dans l’origine des salissures

  • 5.2. Nettoyer : Un projet a géométrie variable

  • 5.3. Le retour en force du chimique : entre HQE (volontaire) et REACH (obligatoire)

  • 5.4. L’avènement du bio

  • 5.5. La décontamination un projet sous estimé.

  • 5.6. Graffitis et antigraffiti attention aux soubassements

  • 5.7. Le nettoyage de l’aluminium : Un génocide programmé.

6. Le projet de réparation :

  • 6.1. DTU pierre : un aide précieux

  • 6.1.1. Pierre attachées on y voit plus clair

  • 6.2. Produits de réparation de la pierre : Quelles garanties ?

  • 6.3. Ce béton qu’on croyait immortel

  • 6.4. Les acteurs discrets : Consolidants et inhibiteurs de corrosion.

  • 6.5. La réparation de pans de bois : le milieu s’organise

  • 6.6. Le carrelage : L’échec des hygiénistes et des ravaleurs

  • 6.7. La brique silico-calcaire un projet à part

7. Le projet de protection :

  • 7.1. Hydrofuges : une bataille de gagnée

  • 7.2. Le Nouveau DTU 26.1 : mode d’emploi

  • 7.3. Les nouveaux liants

  • 7.4. Le nouveau DTU 42.1

  • 7.4.1 Le plâtre enfin domestiqué

  • 7.4.2. Ne dites plus D, I1 I2 I3 …. : La nouvelle classification européenne des peintures

  • 7.4.3. Décapage : Certains vivent dangereusement

  • 7.4.4. Les retours techniques : un oubli qui coute cher

  • 7.7. Une nouvelle génération : Les ETICS : règles professionnelles

8. Le projet d’amélioration :

  • 8.1. Couvertines, décors, bandeaux, attention aux contentieux

9. Le second œuvre : Talon d’Achille du ravaleur

  • 9.1. Menuiserie, fenêtres : L’usage de la médiocrité. Le DTU 59.1

  • 9.2. Garde-corps : Attention au plomb

  • 9.3. Volets : Les deux écoles du décapage en atelier.

10. Garanties : Halte aux abus !

Les participants peuvent dès à présent – sur le forum – soumettre des études de cas et poser des questions. Intervenez sur le forum illico.

Les attestations de présence à télécharger au format « .pdf  » sont  ICI

La mitoyenneté

17 juin, 2009  |  ateliers

Le onzième atelier-débat  a pour sujet :

 » La mitoyenneté  »

Il se tiendra le :

MERCREDI 17 JUIN 2009 à 17H30

à la

FFB

10, rue du Débarcadère

75017 PARIS

L’intervention du conférencier s’articulera autour des thèmes suivants :

  1. Les rappels théoriques (généralités)
    • la mitoyenneté dans le corpus juridique
    • la mitoyenneté historiquement. Quelle est la justification de la mitoyenneté ?
      • interdiction de construire des pignons au XVIème siècle
      • toiture à long pan avec dépassement du mur sur 1 m de hauteur/au faîtage
      • conduits de cheminées incorporés
      • art de bâtir
      • continuité du bâti (morphologie de la ville / typologie des bâtiments)
      • c’est quoi une ville?
    • lien entre la façon de bâtir et les règles juridiques (en 1804 on transpose la coutume de Paris dans le code civil… depuis le statut de la mitoyenneté n’a pas été modifié )
      • négation de la mitoyenneté aujourd’hui dans l’art de bâtir
  2. Les paradoxes et idées reçues à propos de la mitoyenneté
    • comment doit-on intervenir dans le cas d’un doublage thermique ?
    • si on construit contre un mur mitoyen,
      • droit d’enfoncer des poutres dans toute l’épaisseur du mur jusqu’à 54 mm de la face opposée. Réduction à mi-épaisseur par le voisin en cas de construction d’un plancher. Etc.
      • abandon de mitoyenneté
      • vente du droit de mitoyenneté
      • compte de mitoyenneté (que vaut la partie abandonnée?… coût de construction du mur – vétusté ?)
      • jour de souffrance
      • etc.
  3. Les cas pratiques
    • comment prévenir les désordres?
    • conseils dans le cadre de référés préventifs (ex: découverte après démolition d’anciens murs mitoyens)

Les participants peuvent dès à présent – sur le forum – soumettre des études de cas et sont sollicités pour inviter des professionnels afin d’enrichir le débat… des économistes (référentiel de prix pour faire les comptes de mitoyenneté), des géomètres, magistrats, avocats.

L’ intervenant est  :

M. Maurice LAURENT – Architecte voyer honoraire

Intervenez sur le forum illico.

Patrick JEANDOT

Les attestations de présence à télécharger au format « .pdf  » sont  ICI

La copropriété Le droit de jouissance

8 avril, 2009  |  ateliers

Le dixième atelier-débat a pour thème :

 » La copropriété – Le droit de jouissance  »

L’intervention du conférencier s’articulera sur les sujets suivants :

  1. Les principes juridiques de la copropriété (généralités importantes)
  2. La lecture d’un règlement de copropriété et d’un état descriptif de division
  3. Les parties communes et les parties privatives (propriété et usage)
  4. Les copropriétés dans les volumes

L’ intervenant est  :

M. Francis MORELON – Géomètre expert

Intervenez sur le forum illico.

Patrick JEANDOT

Les attestations de présence à télécharger au format « .pdf  » sont  ICI

La lecture du rapport par le magistrat

11 février, 2009  |  ateliers

Le neuvième atelier-débat  a pour thème :

 » La lecture du rapport par le magistrat  »

Cet atelier-débat « La lecture du rapport par le magistrat  » a pour objet est de mieux cerner les attentes et les besoins des magistrats.

Si l’expert est le bras intelligent du magistrat, il lui faut absolument savoir comment le rapport, qui est le « fruit » des opérations d’expertise, est instruit par le juge, de façon à pouvoir mieux satisfaire son attente. Faut-il rappeler que l’expertise relève dans le code de procédure civile de l’administration de la preuve (c’est l’idée générale) et qu’à ce titre le rapport a un objet bien spécifique, doit répondre à un besoin précis, ce qui sous-entend le respect d’une certaine méthodologie. C’est pourquoi le Conseil a considéré utile d’approfondir le sujet, en faisant intervenir des magistrats pour mieux comprendre :

  • les diverses approches du juge et la façon dont le rapport est analysé, instruit
  • les principales difficultés rencontrées par les magistrats à la lecture du rapport
  • les erreurs récurrentes des experts
  • les souhaits et critiques éventuels des magistrats

Les magistrats intervenants sont  :

Mme Laurence FAIVRE – Vice-Président de la 7ème chambre 1ère section

M. Julien SENEL – Juge de la 6ème chambre 2ème section

M. Jean de KEATING HART – Vice-Président de la 7ème chambre 2ème section

Intervenez sur le forum illico.

Patrick JEANDOT

Les attestations de présence à télécharger au format « .pdf  » sont  ICI

La psychologie de l’expert

20 novembre, 2008  |  ateliers

Le huitième atelier-débat  a pour thème :

 » La psychologie de l’expert et de l’avocat  »

Enquête préalable.

L’architecte expert est soumis aux contradictions de sa profession qui doit concilier des talents opposés, d’artiste, de poète, de réalisateur, de gestionnaire, de chef d’entreprise et de sociologue.

L’imagination de l’architecte prend sa source dans le narcissisme, la sensibilité, l’affectivité, la spontanéité.

La tâche de  l’expert fait appel à l’ouverture, l’écoute, l’analyse, la réflexion.

Questionnaire.

1) Motivation – Compétence.

Vous avez souhaité devenir expert judiciaire :

  • Pour mettre votre expérience au service de la société.
  • Pour finir honorablement votre carrière.
  • Par lassitude d’une profession difficile.
  • Par une inclination vers la justice et le droit.
  • Par hasard.
  • Par souci d’un revenu stable.

2) Pouvoir – Autorité.

  • L’expert possède-t-il un pouvoir ?
  • Est-ce flatteur.
  • Est-ce un substitut à un pouvoir déclinant de l’architecte ?
  • L’autorité est-elle l’exercice de ce pouvoir ?
  • Etes-vous autoritaire ou à l’écoute et apte à diriger un débat ?
  • Quelles nuances entendez-vous entre pouvoir, autorité et puissance ?

3) Image – Ecrit.

  • L’architecte traduit l’analyse par l’image.
  • L’expert par l’écrit. Est – ce un problème ?
  • Le langage du droit est-il une difficulté pour vous ?
  • L’écrit est-il plus contraignant que le dessin ?
  • La synthèse par l’écrit est-elle une contrainte ?

4) Votre point de vue, vos suggestions.

Intervenez sur le forum illico.

Robert LEGRAS

Les premières réponses au questionnaire sont  ICI et ICI .

Intervention de Robert LEGRAS :

Lorsque nous avons envisagé cet atelier en conseil, tout le monde a été unanime pour en reconnaître l’intérêt et la nécessité. L es avocats auxquels nous en avions parlé ont partagé notre enthousiasme et Maître VAUTHIER a eu l’obligeance d’être le porte-parole de ses confrères.

Nous avons mesuré assez vite notre ambition démesurée et notre incompétence à employer le mot « psychologie » mais le risque et notre imagination font partie des défauts ou des qualités de notre profession.

Il est évident que cette réunion ne fera qu’introduire le débat qui devra être suivi par un travail plus approfondi grâce à vos réactions et à l’intervention des personnes compétentes.

Nous avons diffusé un questionnaire d’enquête qui ne pouvait être qu’incomplet, mais les réponses reçues posent assez bien les problèmes de notre mode de raisonnement.

Avant d’analyser les réponses il me paraît utile de revenir à la source, sur la formation de l’architecte.

Est-il préparé convenablement à exercer sa profession et, à fortiori à la fonction d’expert de justice ?

Tout exposé ayant sa part de pédantisme et de justification à travers des citations d’intellectuels ayant fait leurs preuves, je ne résiste pas à citer ALAIN.

Si nous considérons les cinq arts principaux qui sont :

« Architecture, Sculpture, Peinture, Musique et Poésie, et en tenant compte de leur classement arbitraire, on s’aperçoit qu’ils sont rangés de façon que l’on suive de l’un à l’autre un allégement de matière, et comme une poursuite de l’esprit jusqu’à ses profondeurs « .

Plus l’art se dégage de la matière, plus les thèmes de communication se compliquent, car ils s’établissent à l’aide de formes mentales fortement affectivisées.

L’esprit peut aller jusqu’à concevoir et exprimer des schèmes niant la matière et sa structure, le social et l’homme : l’imagination évolue ainsi hors de la pondération.

L’architecture fait partie de la vie de tous les jours, elle devrait ainsi échapper à toute scission manifeste d’avec la réalité, et devant tenir compte du poids de la matière, y trouver son équilibre.

Cependant, comme tout homme qui puise une partie de son inspiration aux sources communes des arts, l’architecte moderne obéit à l’effet permanent d’une caractéristique de sa personnalité : l’imagination.

Elle pousse l’architecte vers le « plaisir » de la création, ce qui peut parfois le conduire loin des réalités fonctionnelles. Mais plus que tout autre art, l’architecture est dynamisée par la collectivité. Elle est dépendante des « goûts » de cette collectivité, de ses moyens techniques, son devoir est d’organiser en raison de l’autre (individu ou société) un volume dans le vivant, dans l’espace, dans le temps. Elle est aussi un langage qui témoigne de l’esprit positif et affectif de l’architecte, en même temps que des structures implicitement présentes dans la société.

Il est technicien, et se veut plus exemplaire que le technicien : par son humanisme, par son imagination qui tient compte du complexe de la vie. Il est à la fois réalisateur, gestionnaire, poète, sociologue, chef d’entreprise, administrateur.

Cet homme, l’architecte, à qui l’on demande d’être poète, gère annuellement des sommes énormes. Il doit être artiste mais exercer son sens de l’organisation, de l’improvisation concrète, affirmer son autorité sur plusieurs personnes à chaque rendez-vous de chantier.

Il doit sélectionner les matériaux qui seront le point de départ de son imagination, mais l’industrie met sur le marché chaque année plusieurs centaines de matériaux, de techniques nouvelles qui demandent une patiente analyse qu’il n’a pas toujours le loisir d’effectuer. Il doit travailler vite, connaître les textes administratifs les plus récents ne doit jamais perdre de vue qu’une heure du fruit de son travail en fournit cinquante à un ouvrier.

Ces qualités nécessaires autant qu’antinomiques effacent-elles l’imagination ou conduisent-elles, au fil des années à un équilibre entre l’imagination débridée et les acquis de l’expérience ou à une prévalence de l’une ou l’autre de ces qualités indispensables, selon la personnalité de l’architecte ?

Remontons à l’enfance et à la formation.

Bien des créateurs ont eu une enfance très protégée, dans laquelle l’influence maternelle a joué un rôle manifeste. Cette protection, en orientant vers la rêverie les représentations imaginatives, au repli sur soi, bref au narcissisme, un sujet prédisposé aux activités mentales associé à un tempérament actif, bloque l’élan d’extraversion qui génotypiquement réside en lui. En n’offrant pas suffisamment à l’enfant des possibilités d’action, on autorise chez lui une activité mentale exempte de réalisme.

Les études primaires et secondaires dirigent rigoureusement vers des apprentissages routiniers, contribuent puissamment à l’abandon des habitudes imaginatives.

A travers l’enseignement de l’architecture on acquiert des notions un peu hors du temps, qui vont s’actualiser dans la vie dans les plus mauvaises conditions, les possibilités d’évolution se trouvent comme inhibées par l’enseignement du « Maître », la disponibilité adaptative amenuisée.

La formation de l’architecte, les études prolongées en vase clos ont entretenu chez lui une néoténie, une jeunesse mentale non réductible, profondément ressentie et qui se manifeste par ce regret de n’avoir pas reçu une formation propre à lui faire acquérir la virilité mentale à laquelle il souhaite accéder.

Sorti de l’école, l’architecte essaie de se tourner résolument vers l’aspect concret de son métier, quand il n’y est pas brutalement poussé, et s’y sent mal préparé. Il s’agit avant tout de réaliser.

L’idéation architecturale reçoit son impulsion et tire son originalité de cet impératif majeur: réaliser.

Elle prend son essor et chemine sur des bases concrètes, elle se structure de règles contraignantes, et se doit de déboucher sur le réel.

Cette forme d’imagination exige des vertus d’enregistrement, de correspondances propres à une attitude mentale positive qui entretient une vigilance ouverte à tout apport en relation avec son propos. Les choses concrètes sont répétitives.

Dans ce cadre exigeant, l’imagination doit tenir compte et de l’Homme et de la matière. Dans cette recherche, deux pôles d’attraction vont dicter leurs options, deux tentations presque : la liberté subjective – individualisante -, la rigueur objective – généralisante. Leur action peut être féconde si leur alternance s’opère de façon harmonieuse. Mal dominé, cet antagonisme entretient chez l’architecte un comportement quasi névrotique : sans nier la réalité sociale, car elle fait partie de son quotidien, il a tendance à l’estimer traumatisante, car elle l’empêche de bien « penser » son choix d’accomplissement. Il se sent mal préparé à pratiquer son métier.

La lutte qu’il mène est d’abord menée contre lui-même : refus, remises en question, sentiment de culpabilité, recherche de critères, le tout opposé à la forte idée qu’il a de sa personnalité. Il mobilise ainsi une énergie psychique non négligeable, il n’est plus aussi disponible pour lutter contre les contraintes et les tracasseries propres à son métier.

Face à son programme, l’architecte va mettre en marche un lent processus qui va faire entrer en jeu toute la gamme de ses souvenirs, utilisés suivant un mode et un ton personnels, déclenchés par la recherche organisée et rationnelle, et qui tentera, dans la mesure du possible, de donner à cette recherche une unité, une facture.

Tout de qui est antérieur au travail apparent, tout ce qui l’accompagne, est peut être ce que l’architecte considère comme l’effort le plus important, le reste n’étant qu’affaire de routine et d’expérience. C’est en effet à ce moment, que sa personnalité peut s’exprimer, grâce à des qualités dont il est particulièrement jaloux.

Ces qualités qui prennent nom de don, d’imagination, de travail, de création sont mal définies ou le sont par rapport aux qualités, que l’on croit absentes chez les autres.

A partir du projet et de son analyse ou bien à partir du projet tel qu’il est présenté, et en quête d’idées, l’architecte fait consciemment appel à ses facultés d’imagination, à ses souvenirs qui vont apporter une partie des matériaux nécessaires à l’élaboration de ce travail tout intérieur, le travail latent.

Pourtant, il se défie de cette imagination, de cette espèce de rêve naturel qu’il sache être, par définition entaché de subjectivité, alors qu’il se veut avec, et dans le réel. L’ambiguïté de l’imagination (est-ce réalité, est-ce irréalité ?) le met mal à l’aise: cela nécessitera des mises au point et des confrontations avec ses pairs. Car les images surgies peuvent être puissantes, persistantes, et imposer en dehors de toute donnée objective, une réalisation contestable, mal venue : car on s’est attaché à une forme, sans prendre suffisamment garde aux impératifs de l’utile.

Il est technicien, et se veut plus exemplaire que le technicien : par son humanisme, par son imagination qui tient compte du complexe de la vie.

Sorti de l’Ecole, et dans la pratique de son métier, l’architecte contribue à maintenir dans le public l’image idéale et surfaite de sa fonction en tant que profession libérale. Le décalage est pourtant flagrant entre le « pourquoi » de l’Ecole et les réalités professionnelles.

Ces qualités professionnelles exigées pour en faire un bon architecte, acquises avec l’expérience des années d’exercice, sont-elles favorables à la fonction de l’expert?

Ce travail va s’accomplir dans la réalité, il fait moins appel à l’imagination, mais à l’expérience et aux connaissances techniques, avec une contrainte supplémentaire qui est celle du droit.

On voit que la formation initiale de l’architecte ne l’a pas particulièrement préparé à la fonction d’expert et que ce sont la pratique de sa profession, son désir de mieux servir la société et le partage de son expérience qui l’ont orienté vers l’expertise.

Son langage par l’image et l’imagination ne sont plus prépondérants, il doit analyser sa mission avec un soin particulier du détail et la traduire en langage écrit.

A ce point de mon discours, je propose d’aborder les réponses de l’enquête.

J’ai reçu dix neuf réponses, ce qui est un faible pourcentage pour la compagnie, mais peut s’expliquer par l’indifférence habituelle d’un certain nombre de membres pour le travail du conseil, mais également par un refus d’introspection sur les motivations de l’expert.

1- Motivation, compétence.

Vous avez souhaité devenir expert

Pour mettre votre expérience au service de la société

  • huit réponses « oui franc », quatre réponses mitigées, une réponse « non », pas de réponse « six »

Pour finir honorablement votre carrière

  • quatre réponses « oui », sept réponses « non », pas de réponse « sept »

Par lassitude d’une profession difficile

  • une réponse pour « oui », cinq réponses pour « non », quatre réponses pour « mitigé », neuf sans réponse.

Par une inclination vers la justice et le droit

  • dix réponses pour « oui », trois réponses pour « non », trois réponses mitigées, trois sans réponse.

Par hasard

  • une réponse pour « oui », neuf réponses pour « non », neuf sans réponse.

Par souci d’un revenu stable

  • six réponses pour « oui », quatre réponses pour « non », trois mitigées, six sans réponse.

Pourquoi devient-on expert ?

Le souci d’altruisme n’est pas évident, le nombre de non réponses est impressionnant, les hésitants disent un peu, ou que ce n’est pas leur préoccupation essentielle, l’aspect technique intéresse et le partage de leur expérience professionnelle. Les « oui » ne sont pas détaillés.

Dans le thème de la fin de carrière le mot honorable n’était pas un bon choix, certains l’ont interprété en terme de prestige et ont repoussé vertement l’idée d’un supplément d’honorabilité par le titre, d’autres sur un plan économique admettent qu’un revenu complémentaire ou un revenu tout court dans le contexte d’une profession de plus en plus difficile à exercer est une motivation. L’expert « carte de visite » n’apparaît pas clairement.

La lassitude de la profession n’est pas avouée, un seul « oui », les « non francs » ne sont pas nombreux mais véhéments, la fierté de la profession est mise en avant, les réponses mitigées expriment une crainte ou une précaution face à un avenir douteux, elles mettent également en avant l’intérêt pour la curiosité d’une nouvelle façon d’exercer.

Le nombre de non réponses est étonnant.

L’inclination pour le droit est majoritaire, les « non » sont rares et les hésitants partagent leur intérêt pour la justice avec celui pour un autre mode d’exercice de la profession.

Le hasard n’est pas une explication, mais les « non » et les « non réponses » sont à égalité.

Le souci d’un revenu stable est clairement reconnu pour certains, à demi avoué pour d’autres (fin de carrière, complément de revenu, revenus incertains de l’architecte).

Les « non » sont parfois véhéments, ce sont les mêmes qui refusent la lassitude de la profession.

2- Pouvoir, autorité.

L’expert possède-t-il un pouvoir ?

  • il y a presque unanimité sur ce point, seize « oui », deux « non », un mitigé

Est-ce flatteur ?

  • neuf réponses pour « oui », sept réponses pour « non », trois réponses mitigées

Est-ce un substitut à un pouvoir déclinant de l’architecte ?

  • trois réponses pour « oui », douze réponses pour « non », deux réponses mitigées, deux sans réponse

L’autorité est-elle l’exercice du pouvoir ?

  • deux réponses « oui », dix réponses « non », une mitigée, dix sans réponses

Etes-vous autoritaire, à l’écoute et ou apte à diriger un débat ?

  • autoritaire et apte seize réponses « oui », autoritaire « non », un sans réponse

Quelles nuances entendez-vous entre pouvoir, autorité et puissance ?

  • six sans réponse. Le terme de puissance est unanimement rejeté ou considéré comme une conséquence des précédents et une dérive.

Ces questions sont celles qui ont suscité le plus de commentaires, elles intéressent visiblement les experts.

Le « pouvoir » est reconnu unanimement, le plus souvent le « oui » n’est pas expliqué, lorsqu’il est accompagné d’un commentaire, il est celui conféré par le magistrat, le CPC, et limité à la conduite de l’expertise.

Le mot « autorité » est préféré.

« Le pouvoir » est flatteur reconnaissent neuf experts, alors que sept le récusent, cela incite à la rigueur, impose des devoirs, il est la résultante de l’autorité naturelle.

L’autorité déclinante de la profession est rejetée majoritairement, mais certains reconnaissent que dans la profession le pouvoir appartient aux décideurs ou aux administratifs, plutôt qu’aux architectes qui souffrent d’une absence de considération.

Pouvoir et autorité sont distingués pour certains qui font clairement la nuance entre les deux termes, pour d’autres si l’autorité est nécessaire elle confère un pouvoir. Le nombre des « sans réponse » est égal à celui des « non ».

L’autorité et l’écoute sont étroitement liées pour une grande majorité, elle est souvent liée au comportement des interlocuteurs.

L’expert doit pouvoir entendre tout le monde et c’est sur ce point que, souvent, il doit exercer son autorité pour rétablir l’ordre.

Les nuances sont diversement vues ?

L’autorité est presque unanimement perçue comme indispensable, mais elle doit être naturelle et non contraignante, elle émane de l’individu et ne se  » fabrique pas « .

Le pouvoir est celui donné par le tribunal pour exercer l’autorité, mais il peut être également celui du roi, conféré par des élections ou pris par la violence, il peut se passer de l’autorité.

C’est aussi pour l’expert le pouvoir d’influencer le magistrat.

La notion de puissance est en général refusée, ce n’est pas une volonté. Parfois, mais rarement, elle est la manifestation d’un ego surdimensionné ou le pouvoir exercé par une dictature, elle est également ressentie en terme quantitatif. (puissance d’une automobile, d’un moteur…).

Un sujet lié à la sensibilité de l’architecte n’a pas été abordé, c’est la compassion ou la sympathie que peut éprouver l’expert vis à vis d’une partie. L’avocat n’est pas gêné par ce dilemme, il défend un unique client, l’expert doit être impartial, examiner toutes les pièces, analyser les arguments et les faits, il ne doit éprouver aucune émotion, c’est une contrainte supplémentaire qu’il doit maîtriser.

3- Image, écrit.

L’architecte traduit l’analyse par l’image, l’expert par l’écrit ; est-ce un problème ?

  • Quinze réponses « non », sept réponses « oui », une sans réponse. L’architecte doit s’exprimer par les deux moyens, mais c’est l’exercice de la profession qui le pousse à l »écrit. Pour beaucoup l’image est plus naturelle avec la fonction de l’architecte, et les experts reconnaissent que l’écrit exige plus de réflexion et de précision.

Le langage du droit est-il un problème pour vous ?

  • Seize réponses « non », quatre « oui », réponse mitigée une, deux sans réponse

L’écrit est-il plus contraignant que l’image ?

  • Cinq réponses « oui », neuf réponses « non », quatre mitigées

La synthèse par l’écrit est-elle une contrainte ?

  • Deux réponses « oui », treize réponses « non », trois considèrent que c’est un exercice difficile

L’image et l’écrit sont également l’objet de réponses différentes.

Si l’image est ressentie comme l’expression naturelle de l’architecte, l’oral est un mode d’expression auquel il doit recourir pour expliquer, persuader dans l’exercice de son métier. Dans la fonction de l’expert c’est une nécessité permettant d’éclaircir les débats, de faire preuve de pédagogie et d’accompagnement de l’exercice de l’autorité.

L’écrit est perçu comme un complément du dessin et il est indispensable pour la majorité des architectes, pour d’autres c’est un mode d’expression plus difficile, plus contraignant car il exige une analyse plus fine et plus rigoureuse.

L’image peut accompagner l’écrit mais elle peut aussi détourner la vérité ou séduire par son graphisme, l’écrit doit être précis car il doit être compris de tous.

Le langage du droit est une difficulté, pour certains au début de leur exercice, pour d’autres ce n’est pas un problème par ce qu’ils l’ont assimilé ou parce que ce domaine appartient aux professionnels du droit, en cas de besoin ils se font simplement expliquer le problème. C’est également un apprentissage auquel on doit se soumettre.

La synthèse ne présente pas de problème pour beaucoup car elle accompagne la nécessité du langage clair. Les « non » ne sont pas expliqués dans la plupart des cas, les « oui » ou les mitigés reconnaissent que c’est un exercice difficile qui exige une analyse précise et un investissement intellectuel parfois pénible.

Les avis et suggestions devaient donner la liberté d’expression aux interlocuteurs et combler les insuffisances du questionnaire. Treize réponses ont été données résumant un peu les avis sur la fonction de l’expert.

Le colloque semble très attendu ainsi que l’analyse des avocats, même des magistrats qui devraient participer.

La plupart des architectes mettent en avant la prudence, l’expertise n’est pas l’exercice de l’imagination, elle est d’abord l’aboutissement de l’expérience et le résultat d’une pratique professionnelle qui est approfondie par l’expertise car celle-ci exige des recherches précises sur des sujets inconnus ou oubliés.

Sur le plan des rapports avec les autres la capacité d’écoute est primordiale, l’autorité oui, mais accompagnée de l’humilité citée parfois mais rarement.

Conclusion.

Elle appartient au futur car il est évident que ce premier atelier ne fait qu’effleurer le problème.

Les réponses reçues ne représentent qu’une faible partie des membres de la compagnie, la perception de la majorité silencieuse est peut-être à l’opposé de ceux qui ont répondu.

L’architecte est fier de son métier même s’il en est parfois déçu.

L’expert architecte est parvenu à cette fonction par un désir d’aborder son métier différemment et d’exprimer son expérience. Il en perçoit clairement les qualités nécessaires et les difficultés et il aborde sa mission avec modestie, voire avec une certaine inquiétude.

Le sentiment de pouvoir est une déviation ou une conséquence de l’autorité, si celle-ci est indispensable elle est orientée vers le dialogue et la capacité de diriger les débats après une écoute patiente.

L’expert « gamelle » ou « carte de visite » est rare ou dissimulé, peut-être dans la majorité silencieuse, mais le souhait d’un revenu financier assuré n’est pas nié.

L’écrit est important et parfois difficile à exprimer mais le langage n’est pas abordé, les termes techniques sont parfois difficiles à lire pour les parties.

Certains experts prennent un malin plaisir à puiser dans des mots alambiqués, qu’ils ne connaissaient pas parfois avant leur recherche, afin de bien mettre en avant leur culture impressionnante.

Là encore l’humilité doit intervenir dans l’usage de mots simples mais précis, que tout le monde peut comprendre.

L’architecte est-il prédisposé à l’expertise ?

Sa nature et sa formation orientées vers la création et l’image ne sont pas forcément favorables à la démarche de l’expert, certains ne pourront jamais aborder cette fonction jugée comme trop contraignante, d’autres considèrent que les qualités exigées pour l’expert ne sont pas pires que celles nécessaires à l’exercice de la profession.

Les contraintes sont nécessaires à l’imagination car elles fournissent un cadre dans lequel l’imagination peut se structurer, si elles sont ressenties comme insupportables à la manifestation de notre génie les contraintes peuvent être bloquantes, assimilées et considérées avec sérénité, comme des outils faisant partie des données du programme, elles peuvent être enrichissantes.

L’architecte qui les assimile acquiert peu à peu cette expérience qui lui permettra d’aborder l’expertise. L’imagination peut également jouer son rôle car, assagie par l’expérience elle peut être utile, voire essentielle car elle permet de débusquer des solutions qui n’apparaissent pas immédiatement à l’analyse.

Robert LEGRAS

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